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Sénégal : De 4,7 milliards à 337 millions de dollars, le grand krach des investissements étrangers


Rédigé le Mardi 28 Juillet 2026 à 15:33 | Lu 59 fois | 0 commentaire(s)




Sénégal : De 4,7 milliards à 337 millions de dollars, le grand krach des investissements étrangers

Les chiffres de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) publiés dans le World Investment Report 2026 révèlent un retournement brutal des flux financiers vers le Sénégal. Après plusieurs années de hausses historiques portées par la phase de développement du secteur hydrocarbure, les investissements directs étrangers (IDE) ont chuté de près de 90 % en 2025. Un signal d'alarme analysé par le professeur Amath Ndiaye, enseignant-chercheur à la FASEG (UCAD).

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​Entre 2020 et 2024, le Sénégal a traversé une période d'attractivité financière sans précédent, accumulant 15,472 milliards de dollars d'IDE, soit une moyenne annuelle de 3,094 milliards de dollars. Ce pic s'est concrétisé avec un record de 4,790 milliards de dollars en 2023, suivi de 3,319 milliards en 2024.

​Cependant, l'année 2025 marque une rupture nette avec seulement 337 millions de dollars captés.

​Pour l'universitaire Amath Ndiaye, cette contraction s'explique en premier lieu par la dynamique propre aux grands projets extractifs : ​« Cette évolution s'explique d'abord par un phénomène structurel. Les grands projets pétroliers et gaziers sont désormais entrés en phase de production. Les investissements de construction ayant été largement réalisés, les besoins en nouveaux capitaux étrangers diminuent naturellement. Â»

 

​Si la fin des grands chantiers de Sangomar et de GTA rendait la baisse prévisible, son ampleur soulève des interrogations. Selon le Pr Ndiaye, la conjoncture politique et budgétaire nationale a également pesé lourdement dans la balance.

​La révélation de passifs non déclarés entre 2019 et 2024 a détérioré les relations avec les partenaires financiers, provoquant la suspension du programme du FMI et une réévaluation à la hausse du risque pays. ​« Même si les statistiques de la CNUCED ne permettent pas d'établir une relation de causalité directe, il est plausible que ce contexte ait contribué à retarder ou à décourager certains projets d'investissement étrangers Â», souligne l'économiste.

 

​Face à cette vulnérabilité, le constat est clair : le modèle reposant quasi exclusivement sur les ressources naturelles a atteint ses limites. ​« Les investissements liés aux ressources naturelles, aussi importants soient-ils, sont souvent temporaires. Ils atteignent leur maximum pendant la phase de développement des projets avant de diminuer lorsque la production commence Â», rappelle le chercheur.

​Pour inverser cette tendance, la feuille de route proposée repose sur la diversification dans l'industrie manufacturière, l'agro-industrie, le numérique ou encore les énergies renouvelables. Mais avant tout, le rétablissement du cadre macroéconomique reste la priorité absolue.

​Le Pr Amath Ndiaye insiste sur trois urgences indissociables : ​« Il est urgent de mettre en Å“uvre un programme de redressement budgétaire crédible, de restructurer la dette publique afin d'en rétablir la soutenabilité et de conclure un nouvel accord avec le FMI. Ces trois leviers [...] permettront de restaurer la confiance des investisseurs, de réduire les tensions sur les finances publiques [...] et de créer les conditions d'un retour durable des investissements directs étrangers. Â»



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