La candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies continue de susciter des réactions contrastées au sein de l’Union africaine. Si la rupture de la procédure silencieuse a été interprétée par certains comme un désaveu, Alioune Ndoye, maire de Dakar-Plateau, y voit plutôt l’expression d’un débat de leadership et de récits, révélateur des tensions mais aussi des aspirations du continent.
Sur les 55 États membres de l’Union africaine, 20 ont interrompu la procédure silencieuse : 14 par une objection et 6 en demandant un délai supplémentaire. Pour Alioune Ndoye, « cela ne traduit pas un rejet mais un consensus inachevé », puisque 35 États n’ont exprimé aucune réserve.
Depuis, l’Égypte et le Liberia ont retiré leurs objections, signe que les résistances se réduisent et que les réserves initiales relevaient davantage d'une prudence diplomatique que d’un désaccord de fond.
Rivalités régionales et enjeux de principe
Le maire de Dakar-Plateau rappelle que derrière les objections se cachent des histoires et des agendas : méfiance de certains États d’Afrique australe vis-à -vis de la question sahraouie, ambitions de puissances régionales, rivalités anciennes entre capitales ou encore influences extérieures. Mais réduire la candidature de Macky Sall à ces fractures serait, selon lui, « une double injustice : envers l’homme, artisan du compromis et habitué des négociations internationales, et envers le Sénégal, reconnu pour sa diplomatie de pont et son attachement au multilatéralisme ».
Une candidature légitime
Alioune Ndoye insiste sur la régularité de la démarche : « La candidature a été déposée le 2 mars 2026, validée par le Bureau de la Conférence de l’Union africaine. » Le ton de courtoisie adopté par le camp de Macky Sall face aux objections illustre, selon lui, « un style de leadership fondé sur l’élégance et la retenue ».
Pour l’édile du Plateau, l’enjeu dépasse la personne de Macky Sall. « Il s’agit de savoir si l’Afrique est prête à assumer une ambition mondiale et à se tenir derrière l’un des siens. Refuser cette candidature au nom de rivalités internes enverrait un message dangereux : celui d’un continent incapable de dépasser ses fractures. À l’inverse, la soutenir serait affirmer la maturité africaine dans la gouvernance mondiale. »
Une fenêtre d’opportunité
« L’histoire n’est pas tendre avec les occasions manquées », écrit Alioune Ndoye. Pour lui, « la question n’est pas de savoir si Macky Sall mérite ce poste, mais si l’Afrique peut se permettre de laisser passer une telle opportunité ». Et de conclure : « Soutenir cette candidature, c’est conjuguer au présent le rôle du continent dans les affaires internationales. »








