La tension reste vive à l'université Gaston Berger de Saint-Louis. Quelques heures après l’annonce du Conseil académique fixant la fin de l’année universitaire au 14 août prochain, la Coordination des étudiants de Saint-Louis (CESL) est montée au créneau pour exprimer son désaccord et réaffirmer sa détermination à poursuivre le mouvement de grève.
Face à la presse, le porte-parole des étudiants, Amadou Ba, a dressé un tableau sombre de la situation dans les universités sénégalaises, évoquant une crise « qui s’éternise » et dont les revendications restent, selon lui, « légitimes ».
Il a insisté sur le fait que la CESL demeure aujourd’hui l’une des rares structures estudiantines à maintenir un mot d’ordre de grève ferme, dénonçant une volonté des autorités de « liquider » les cadres de représentation des étudiants.
Dans son intervention, la coordination a rappelé avoir toujours privilégié le dialogue, malgré un contexte marqué par des tensions et des mouvements d’humeur dans plusieurs campus du pays. Elle affirme avoir soumis des propositions concrètes aux autorités de tutelle, notamment au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), restées jusqu’ici sans réponse.
La CESL dénonce également des réformes jugées « drastiques » et contraires aux intérêts des étudiants, tout en appelant l’ensemble des acteurs attachés à l’enseignement supérieur à sortir de leur « mutisme ».
Elle met en garde contre toute tentative de politisation des revendications estudiantines, qu’elle considère comme un combat générationnel.
Réagissant au communiqué du Conseil académique, la coordination rejette toute remise en cause de sa légitimité, affirmant tirer sa reconnaissance « des étudiants eux-mêmes ».
Elle estime par ailleurs que cette sortie institutionnelle « attise le feu » dans un contexte déjà tendu.
Malgré la fermeté du ton, les étudiants se disent toujours ouverts au dialogue. La CESL annonce ainsi de nouvelles initiatives de médiation, notamment avec les autorités religieuses de Saint-Louis, après une précédente rencontre avec l’archevêque de Dakar.
En attendant une issue, la coordination maintient son mot d’ordre. Elle interpelle directement le Premier ministre Ousmane Sonko, l’exhortant à s’impliquer davantage pour favoriser un dialogue « franc et sincère » en vue de sortir de la crise.
Plus que jamais, l’impasse semble se prolonger à l’UGB, où étudiants et autorités campent sur leurs positions, au risque de compromettre le déroulement normal de l’année universitaire.








