Vipeoples.net  | Site d'actualité générale sénégalaise des VIP


Révision constitutionnelle : Sonko impose son rythme, Diomaye sous pression ? Une séance qui révèle les véritables fissures du pouvoir


Rédigé le Lundi 29 Juin 2026 à 22:35 | Lu 73 fois | 0 commentaire(s)




Ce lundi, l’Assemblée nationale n’a pas seulement examiné une révision constitutionnelle. Elle a offert aux Sénégalais une scène politique intense, parfois tendue, où les rapports de force au sommet de l’État se sont exprimés au grand jour. Pendant plusieurs heures, les débats ont été animés, parfois électriques. Rappels au règlement, échanges vifs, expulsion d’un député de l’opposition, rejet des amendements du gouvernement, puis long discours de clôture d’Ousmane Sonko : tout a donné à cette séance des allures de moment politique majeur, bien au-delà du simple cadre législatif.

‎

‎Au fond, c’est une autre histoire qui s’est dessinée sous les yeux des députés et de l’opinion : celle d’un Parlement qui entend désormais compter, et d’un président de l’Assemblée nationale décidé à montrer que l’institution ne se contente plus d’accompagner l’Exécutif. Le premier fait marquant reste le rejet, en commission puis en plénière, des deux amendements introduits par le gouvernement. Dans une majorité pourtant réputée disciplinée, ce vote a surpris. Il montre que sur ce dossier, les députés ont refusé de suivre automatiquement les propositions de l’Exécutif. Ils l'accompagnent plus. Ce n'est plus une majorité pour permettre à Diomaye de gouverner plus facilement.

‎

‎Puis est venu le temps de l’autorité. Tout au long de la séance, Ousmane Sonko a multiplié les rappels à l’ordre, recadré les interventions qu’il jugeait contraires au règlement et assumé les décisions prises face aux incidents dans l’hémicycle. Cette fermeté a renforcé l’image d’un président d’institution déterminé à exercer pleinement la "police de l'audience". D'abord,  il donnera aux gendarmes l'ordre d'évacuer manu militari le député Abdou Mbow, puis recadrer les députés "pastefiens" en public en leur rappelant les consignes à huis clos. Mais c’est surtout à la fin des travaux que le ton a changé.

‎

‎Devant les députés, Sonko a retracé tout le processus ayant conduit à cette révision constitutionnelle. Puis il s’est arrêté sur les modifications souhaitées par le président Bassirou Diomaye Faye. Sans détour, il a dénoncé ce qu’il a qualifié de « tripatouillage », estimant que l’esprit du texte adopté par les députés ne devait pas être dénaturé. Le choix des mots n’a rien d’anodin. Dans un système où les deux hommes sont arrivés au pouvoir ensemble et où beaucoup continuent de les présenter comme un tandem soudé, cette critique publique marque un tournant. Pour la première fois sur un sujet institutionnel aussi sensible, les divergences sont apparues au grand jour. Cette lecture est d’ailleurs renforcée par les réactions qui ont précédé la séance.

‎

‎La veille, Mimi Touré et Abdou Rahmane Diouf avaient déjà pris position contre Ousmane Sonko et la proposition portant révision de la Constitution, donnant à cette séquence une portée encore plus politique. Leur sortie a été perçue comme un signal supplémentaire des tensions qui traversent désormais le camp au pouvoir. Dans les rangs de l’opposition également, plusieurs voix ont dénoncé un climat inédit, critiquant à la fois la conduite des débats et les divisions désormais visibles au sein du pouvoir.

‎

‎Au final, chacun repart avec sa propre lecture de l’événement. Pour les partisans de Sonko, cette journée prouve qu’il refuse toute personnalisation du pouvoir et qu’il défend la souveraineté du Parlement, y compris face au président de la République. Pour ses détracteurs, le président de l’Assemblée est allé au-delà de son rôle institutionnel en transformant une séance législative en tribune politique. Une chose est sûre : cette révision constitutionnelle restera moins dans les mémoires pour les articles modifiés que pour le message envoyé. En quelques heures, l’Assemblée nationale est devenue le théâtre d’une démonstration de force, révélant qu’au sommet de l’État, le pouvoir ne se résume plus à une seule voix.

‎

‎La vraie question est désormais de savoir si cette séquence n’était qu’un épisode isolé ou le premier signe d’une relation plus complexe entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Les prochaines décisions diront si cette journée restera une parenthèse… ou le début d’un nouveau chapitre politique.



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Les messages jugés choquants seront de suite supprimés


LERAL TV CANAL 33 SENEGAL


Facebook

Publicité