L’accord signé entre le Sénégal et la compagnie italienne Eni pour l’évaluation de cinq blocs offshore ne signifie pas encore que le groupe s’engage à explorer ou à exploiter ces périmètres. Invité du "Grand Jury" ce dimanche 20 septembre 2026, l’ancien directeur général de Petrosen, Mamadou Faye,affirme que le protocole conclu avec Eni porte, à ce stade, sur des études préliminaires destinées à évaluer le potentiel pétrolier et gazier des cinq blocs. « Pour le moment (il n'y a) que des études, pas encore d’exploration », résume-t-il. Selon lui, cette étape ne signifie donc pas encore qu’Eni s’engage à prendre un bloc au Sénégal.
Mamadou Faye relève par ailleurs une évolution dans la manière dont les études sont conduites. Il rappelle qu’auparavant, Petrosen réalisait les études d’évaluation avant de les présenter aux compagnies pétrolières. « Avant, c’est Petrosen qui faisait ses études d’évaluation et ensuite les présentait à l’industrie et, sur la base de ces études-là , les compagnies venaient signer des contrats », explique-t-il.
La situation serait désormais différente. « Aujourd’hui, personne ne le fait plus et les compagnies le font pour elles-mêmes. Donc, il y a une grande différence déjà dans la conduite des opérations et aujourd’hui l’aspect que ça donne au niveau du bassin », dit-il.
Dans ce nouveau contexte, l’accord avec Eni constitue ainsi une phase d’évaluation qui pourrait, en cas de résultats favorables, déboucher sur une éventuelle négociation contractuelle.
Mais pour Mamadou Faye, l’élément qui mérite particulièrement l’attention reste le parcours récent de la compagnie italienne. « Pourquoi Eni a quitté le Sénégal pour aller prendre des blocs en Gambie ? Ça, c’est la question que le Sénégal doit se poser en premier lieu », lance-t-il.
L’ancien DG de Petrosen souligne ainsi la présence d’Eni dans les blocs gambiens. « Eni a pris ces blocs-là en Gambie, a négocié pour avoir à étudier les bassins autour de ces blocs en Gambie pour évaluer le potentiel et mieux comprendre la géologie de ces blocs, mais pas nécessairement pour prendre un bloc au Sénégal », explique-t-il.
Pour Mamadou Faye, cette évolution doit être mise en perspective avec l’intérêt manifesté auparavant par les grandes compagnies pour le bassin sénégalais. Il situe notamment un changement après l’adoption du nouveau code pétrolier. « Avant la sortie du code, Eni était très intéressée », dit-il, avant d’ajouter qu’« en 2017 jusqu’en 2019, il y avait des compagnies qui étaient très intéressées par le Sénégal ».







