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Rejet de la LFR 2026 : L'analyse sans filtre de l'ancien ministre Abdourahmane Sarr sur la vérité des chiffres


Rédigé le Mercredi 4 Novembre 2026 à 00:13 | Lu 53 fois | 0 commentaire(s)




Le rejet retentissant du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l'Assemblée nationale continue de susciter de profondes réactions au sein de l'échiquier politique et technique national. Ancien ministre de l’Économie entre 2024 et 2026, Abdourahmane Sarr est sorti de sa réserve pour livrer une analyse incisive de cette séquence institutionnelle. Dans un texte publié sur X ce mardi 3 novembre, il salue un débat démocratique tout en posant les jalons d’une refondation indispensable de la trajectoire financière et souveraine du Sénégal.

​D'emblée, l'ancien membre du gouvernement replace cet épisode dans sa dimension politique : « Le Sénégal vient de vivre une séquence de débats qui honorent notre démocratie et notre Assemblée nationale. Je m’y attendais, au regard de notre configuration politique et de la distribution des rôles entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. »

​Pour Abdourahmane Sarr, les soubresauts budgétaires actuels rappellent la nécessité vitale d'en finir avec les approximations du passé. Tirant les leçons de la gestion des années antérieures, il insiste sur l'urgence d'une rupture méthodologique : « Après ce qui s’est passé entre 2019 et 2024, et peut-être bien avant, le Sénégal a besoin d’une stratégie de financement crédible et d’une prise de responsabilité souveraine sur sa trajectoire économique. Plus jamais nos finances publiques ne doivent être gérées dans l’opacité, au point de dépendre d’acteurs extérieurs pour établir la vérité de notre situation économique et financière. »

​L'ancien ministre rappelle que cette exigence de transparence constituait précisément le cap du rapport macroéconomique publié par son département ministériel en mars 2026, lequel fixait le cap d’un déficit ramené à 3 % du PIB à l’horizon 2027, en tenant compte des chocs enregistrés dès le premier trimestre de l'année en cours. Une boussole qu'il n'a cessé de défendre : « Depuis plusieurs semaines, j’attire l’attention sur la nécessité de construire la loi de finances rectificative 2026 à partir de l’exécution réelle du budget, en prenant notamment 2025 comme référence pour les investissements publics. »

​Abordant le rôle des partenaires au développement, et notamment du Fonds monétaire international (FMI), Abdourahmane Sarr pose une limite claire : « Ayant participé, au cours des deux dernières années, aux échanges sur le cadrage macroéconomique du Sénégal avec les autorités nationales et nos partenaires internationaux, je mesure l’importance d’une information budgétaire sincère pour la crédibilité de notre pays. Le Tableau des opérations financières de l'État (TOFE) transmis au FMI confirme l’importance de cette démarche. Mais le FMI n’est pas le représentant des intérêts du peuple sénégalais. Cette responsabilité appartient à nos institutions. »

​À l'appui de sa démonstration technique, l'ancien grand argentier de l'État décortique les chiffres avancés dans le collectif budgétaire : « À fin septembre 2026, les investissements publics atteignaient 1 031 milliards de francs CFA, contre 1 069 milliards à la même période en 2025. Pour atteindre les 2 249 milliards prévus dans la LFR, il faudrait donc exécuter 1 218 milliards en trois mois, davantage que pendant les neuf premiers mois de l’année. Ce n’est pas possible ou il faudrait le démontrer. »

​Concernant le brûlant dossier de l'énergie, l'analyste plaide pour une lecture exhaustive des comptes publics : « La question des subventions énergétiques exige également une comptabilisation complète des obligations de l’État, indépendamment des délais administratifs d’ordonnancement. Il appartient à l’exécutif de prendre les dispositions nécessaires pour assurer la continuité du secteur énergétique, y compris, si les conditions légales sont réunies, par des décrets d’avance. »

​Pour l'avenir, Abdourahmane Sarr entrevoit des marges de redressement à condition d'objectiver la vérité des chiffres : « Ces éléments doivent permettre d’établir un déficit sincère et une trajectoire budgétaire crédible pour 2027. Un déficit inférieur à 5 % du PIB rebasé en 2026 paraît désormais accessible. Il faciliterait le retour à 3 % en 2027, conformément à la trajectoire précédemment retenue.

La crédibilité de cette trajectoire renforcerait également l’UEMOA et nos capacités de refinancement sur le marché régional sans restructuration. »

​En guise de viatique, l'ancien ministre rappelle que la rigueur comptable transcende les chapelles politiques : « La sincérité budgétaire n’est pas une question de personnes ou de majorité politique. Elle est indispensable à la confiance des citoyens, des investisseurs et des partenaires du Sénégal. »



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