Face à la recrudescence des phénomènes météorologiques extrêmes liés au changement climatique, l'Agence de Développement municipal (ADM) poursuit la mise en œuvre du Projet de Gestion des Eaux Pluviales et d'Adaptation au Changement Climatique (Progep 2). Ce programme structurant vise à réduire durablement les risques d'inondation notamment dans le département de Keur Massar. Au-delà des investissements infrastructurels, l'Adm insiste sur un message clé : la prévention des inondations relève d'une responsabilité partagée.
Chaque hivernage rappelle la vulnérabilité de nombreuses localités face aux fortes pluies. Si les ouvrages de drainage, les bassins de rétention et les canalisations constituent des réponses indispensables, leur efficacité dépend directement du comportement des populations, des collectivités territoriales, des services techniques, des organisations communautaires et de l'ensemble des acteurs du cadre de vie.
Une vision stratégique et partenariale pour le développement urbain
Mis en œuvre par l'État du Sénégal avec l'appui de la Banque mondiale, du Fonds Nordique de Développement et de la Banque Africaine de Développement, le Progep prévu sur une durée de huit ans (2021-2029) s'aligne pleinement sur l'axe du référentiel national relatif à l'aménagement durable des territoires et à l'urbanisation organisée.
En tant qu'entité d'exécution sous la direction de son Directeur général, Dr Mamouth DIOP, l'Agence de Développement municipal articule son action autour de trois enjeux majeurs :
D’abord, l'internalisation de la territorialisation des politiques publiques urbaines en cohérence avec l'Agenda national de Transformation.
Ensuite, un ancrage affirmé dans les principes de la décentralisation favorisant une approche transversale des défis territoriaux.
Enfin, une gestion rigoureusement axée sur les résultats adossée à des schémas de prospective territoriale.
Des investissements structurants aux gestes éco-citoyens
Les interventions prévoient la réalisation d'importants ouvrages de drainage des eaux pluviales, la réhabilitation des infrastructures existantes ainsi que le renforcement de la planification urbaine. Le programme met un accent particulier sur la protection de l'environnement, l'engagement communautaire et l'amélioration de la gouvernance des ouvrages.
Pour l'Adm, la lutte contre les inondations ne repose pas uniquement sur les pouvoirs publics. Les comportements citoyens demeurent un levier indispensable. Le jet de déchets dans les canalisations, l'occupation anarchique des voies d'écoulement et les constructions en zones inondables aggravent considérablement les vulnérabilités. À l'inverse, préserver la propreté des caniveaux, respecter les servitudes hydrauliques, participer aux opérations communautaires et signaler rapidement toute obstruction contribuent directement à sécuriser le cadre de vie.
Cette dynamique collaborative associe ministères, collectivités, partenaires financiers, secteur privé et citoyens autour d'un objectif commun.
Résultats et chiffres clés enregistrés
Les premières phases ont déjà démontré leur efficacité dans plusieurs zones de la banlieue dakaroise où les réseaux ont nettement amorti les impacts des fortes pluies. Bien plus qu'un chantier d'infrastructures, le projet transforme durablement les communautés grâce à un système d'alerte précoce en cours d'installation, une gouvernance renforcée et une gestion inclusive.
Les réalisations au 30 avril 2026 renseignent que sur une superficie sécurisée de 1 500 hectares, 67,8 kilomètres de réseaux de drainage construits et le pompage d’un volume d'eau pompé en 2025 de plus de 3,3 millions de mètres cubes ont permis de protéger plus de 250 000 habitants. Des Voiries aménagées sur 47 kilomètres équipés d'éclairage solaire, ont amélioré le cadre de vie des populations. Ces résultats se sont appuyés sur une sensibilisation de plus de 90 000 personnes touchées, dont 50 % de femmes.
En plaçant la participation citoyenne au cœur de sa démarche a travers notamment la mise en place des Comités Locaux de Gestion des Eaux Pluviales ( COLIGEP ) , l'Agence de Développement municipal rappelle que si les infrastructures apportent une solution technique essentielle, leur succès durable repose avant tout sur un engagement collectif et des comportements responsables.








