Le niveau de fiscalité prévu par le Code pétrolier de 2019 serait l’un des principaux facteurs qui réduisent l’attractivité du bassin sédimentaire sénégalais. Invité de "Seneweb Eco" ce dimanche 4 octobre 2026, l’ancien directeur général de Petrosen, Mamadou Faye, estime que « le niveau de fiscalité dans le nouveau code est très élevé par rapport au potentiel du bassin ».
Selon lui, le dispositif de 2019 a alourdi les conditions imposées aux compagnies, notamment à travers l’introduction ou le renforcement de plusieurs mécanismes fiscaux et contractuels.
Rappelant qu’avec l’ancien Code pétrolier de 1998, « on n’avait même pas ce qu’on appelle le bonus de signature », M. Faye explique que ce nouveau dispositif prévoit le bonus de signature, les bonus de production, la redevance et une part de profit plus importante pour l’État. À cela s’ajoute, selon lui, une évolution de la participation de Petrosen.
Pour Mamadou Faye, cette évolution pèse directement sur la rentabilité des projets. « Ce qui fait qu’aujourd’hui, quand les gens analysent des gisements de la taille de Sangomar et que vous trouvez que ce gisement n’est plus tellement rentable, les gens vous disent qu’il n’y a pas d'intérêt à venir investir au Sénégal », explique-t-il.
En ce sens, il estime que « le bassin sédimentaire sénégalais n’est pas attractif », soulignant par ailleurs que l’exploration pétrolière reste une activité risquée et que les compagnies attendent, en contrepartie des capitaux engagés, un niveau de rentabilité suffisamment élevé. « Les compagnies, quand elles investissent à risque, pensent quand même que le retour sur investissement ou les taux de rentabilité doivent se situer entre 12 et 15 % », avance-t-il.
Selon Mamadou Faye, avant l’adoption du Code de 2019, « plus de 15 grandes compagnies dans le monde, les plus importantes, étaient à la porte du Sénégal pour prendre des blocs ». Après l’adoption du nouveau code, affirme-t-il, « toutes ces compagnies sont parties » et « il n’y a pas une seule compagnie qui a demandé un bloc après » révèle-t-il non sans souligner qu’on « est dans cette situation aujourd’hui à cause des paramètres fiscaux du nouveau code », soutient-il.
Ainsi avec la réforme annoncée du cadre juridique des hydrocarbures, Mamadou Faye plaide pour un code prenant davantage en compte la réalité économique des projets et les nouvelles contraintes auxquelles fait face l’industrie pétrolière mondiale. L’objectif étant de trouver un niveau de prélèvement qui permette aux projets de rester suffisamment rentables pour attirer les investissements.








