Le Sénégal franchit un cap décisif dans la lutte contre le paludisme. À l’occasion de la Journée mondiale du paludisme, célébrée ce 25 avril 2026, le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, à travers le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), a mis en avant des résultats encourageants qui rapprochent le pays de son objectif d’élimination d’ici 2030.
Aujourd’hui, 92,4 % des districts sanitaires, soit 73 sur 79, sont désormais en phase de pré-élimination. Une performance qui positionne le Sénégal parmi les pays les plus avancés d’Afrique subsaharienne dans la lutte contre cette maladie.
Cette progression s’appuie sur une amélioration continue des indicateurs. En 2025, l’incidence du paludisme a fortement chuté, passant de 22,8‰ en 2024 à 12,8‰. Le nombre de décès a également été réduit de moitié, passant de 314 à 151. Sur une période plus longue, les avancées sont encore plus significatives : la part du paludisme dans les maladies est passée de 35 % en 2000 à 1,4 % en 2025, tandis que la proportion de décès liés à cette maladie a reculé de 29 % à 0,7 %.
Ces résultats sont le fruit des stratégies déployées conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé, notamment en matière de prévention, de diagnostic rapide et de prise en charge efficace des cas.
Malgré ces avancées, des défis subsistent. Certaines zones comme Touba, Kaolack, Kédougou, Tambacounda et Kolda restent des foyers de transmission active, en particulier durant la saison des pluies. Par ailleurs, des groupes spécifiques, tels que les transhumants, les orpailleurs ou encore les talibés dans les daaras, continuent de présenter une vulnérabilité accrue.
Face à ces enjeux, les autorités sanitaires insistent sur la nécessité d’un changement de paradigme.
L’élimination du paludisme passera par un engagement communautaire renforcé, une approche multisectorielle intégrant le concept One Health, ainsi qu’une mobilisation accrue de ressources domestiques. Le renforcement du système de santé, de la surveillance épidémiologique et la prise en compte des effets du changement climatique sont également au cœur des priorités.
Le thème de cette édition 2026, « Motivés pour éliminer le paludisme : maintenant nous pouvons. Maintenant nous devons », illustre cette volonté d’accélérer le rythme.
Dans cette dynamique, un nouveau Plan stratégique national pour l’élimination du paludisme (PSNEP 2026-2030) a été validé. Aligné sur les orientations de l’OMS et le cadre régional de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé, ce plan vise à garantir un accès universel et équitable aux interventions de prévention et de traitement.
À travers cet engagement renouvelé, le Sénégal entend transformer ses performances en acquis durables et franchir une étape décisive vers un avenir sans paludisme.








