Le secteur privé sénégalais est dans une situation économique extrêmement tendue. Ce jeudi, la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes) est montée au créneau pour tirer la sonnette d’alarme et interpeller les autorités du pays. «Nos majors sont à genoux, nos PME sont pratiquement dans une situation indescriptible, nos travailleurs sont dans une précarité inqualifiable. Voilà la situation», a alerté Abdel Kader Ndiaye, Président de l’organisation patronale.
Face à la presse ce jeudi, il a listé les menaces concrètes auxquelles leurs entreprises sont actuellement confrontées. Parmi elles, un stock de dette intérieure non apurée qui asphyxie leurs trésoreries, un climat social très agité dans leurs entreprises à cause du non-respect des engagements de l'État dans le pacte national de stabilité sociale, un risque d'instabilité institutionnelle, des méthodes fiscales et douanières majeures menées sans concertation préalable et une pression fiscale devenue insoutenable pour le secteur informel.
Entouré de chefs d’entreprises et responsables de l’organisation patronale qu’il dirige, M. Ndiaye a, tout de même, salué les orientations fixées par le Président de la République le 5 juin dernier, sur la relance de l'économie, l’apurement de la dette intérieure et l’assainissement des finances publiques. Cependant, malgré les directives du chef de l'État, le patronat « ressent une mise à l'écart croissante des instances de décision », dit-il. Pour M. Ndiaye, l’économie ne peut être redynamisée en oubliant, dans la prise de décision, ceux qui la font tourner.
Les requêtes pour une relance réussie
Ainsi, pour que la relance voulue par le chef de l’Etat puisse être efficace et réussie, la CNES a soumis au gouvernement ses attentes prioritaires. Elle demande à l’Etat de clarifier sa feuille de route économique à court terme, d'institutionnaliser le dialogue direct État-patronat et de respecter le pacte national de stabilité sociale. La CNES veut aussi de la transparence sur la question de la dette dite cachée «pour rassurer les marchés, attirer les investisseurs et débloquer les programmes d'appui budgétaire».
Abdel Kader Ndiaye et ses camarades employeurs demandent aussi à l’Etat de procéder au règlement urgent de la dette intérieure «pour oxygéner la trésorerie des entreprises» qui, soulignent-t-ils, ont fait preuve de résilience depuis plus de deux ans. Des requêtes que les autorités devront traiter rapidement, au risque de voir l’économie du pays sombrer progressivement.







