Dans le cadre du suivi de la Seconde Décennie d'Action pour la Sécurité Routière (2021–2030), le Directeur Général de l'Agence Nationale de la Sécurité Routière (ANASER), M. Atoumane SY, s'est adressé à l'Assemblée Générale des Nations Unies, réunie à New York les 20 et 21 juillet 2026. Organisée par la Présidence de l'Assemblée Générale en collaboration avec l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), cette rencontre de haut niveau a réuni les décideurs mondiaux autour des enjeux cruciaux de la sécurité routière.
​Intervenant au nom du Gouvernement du Sénégal, le Directeur Général a délivré une allocution axée sur la vérité des chiffres, l'engagement de l'État et la nécessité d'une coopération internationale accrue.
​Un hommage appuyé à la vision présidentielle
​Dès l’entame de son propos, M. Atoumane SY a souligné le leadership politique au plus haut sommet de l’État : « C'est avec un vrai honneur et un immense plaisir que je prends la parole aujourd'hui au nom du gouvernement du Sénégal. »
​Il a tenu à rendre un hommage appuyé au Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, pour « son engagement personnel et résolu en faveur de la sécurité routière ». Le Directeur Général a rappelé que, sous la conduite du Chef de l'État, la sécurité sur les routes a été « très tôt érigée au rang de priorité nationale, témoignant d'une vision lucide des défis qui engagent l'avenir du Sénégal ».
​À ce titre, il a rappelé la vocation profonde de la structure qu'il dirige : « L'ANASER n'est pas simplement une agence technique. Elle est un instrument au service du projet présidentiel pour un Sénégal plus sûr, plus juste et plus prospère. »
​Un constat lucide : « Une tragédie silencieuse »
​Abordant la situation nationale sans détour, le Directeur Général a qualifié la sécurité routière d'« urgence de santé publique que la communauté internationale ne peut plus différer d'adresser ».
​Présentant le bilan annuel du Sénégal, qui s'élève à 850 décès et 12 700 blessés pour un coût économique estimé entre 4 et 5 % du PIB national, M. SY a martelé : « Nous assistons à une tragédie silencieuse qui, chaque jour, endeuille des familles et freine le développement. »
​Les quatre défis majeurs et la responsabilité du facteur humain
​Le Directeur Général a ensuite détaillé les obstacles structurels auxquels le pays demeure confronté, identifiant quatre défis prioritaires :
- ​Des infrastructures routières insuffisantes et dégradées ;
- ​Des comportements à risque persistants chez les usagers de la route ;
- ​La vétusté du parc automobile national ;
- ​L'insuffisance de la formation des conducteurs et des usagers.
​Insistant particulièrement sur le volet comportemental, M. SY a affirmé : « Le facteur humain demeure l'une des principales causes à prendre en charge par toute la communauté pour un changement de comportement durable. » Il a rappelé qu'il s'agit d'une « responsabilité collective qui ne saurait être portée par les seules institutions, mais qui appelle la mobilisation de chaque citoyen, de chaque famille et de chaque communauté ».
​Feuille de route nationale et chantiers d'innovation
​Face à ces contraintes, l'ANASER coordonne une réponse stratégique globale. M. SY a rappelé les grandes mesures arrêtées par l'État, notamment l'organisation des États Généraux du Transport, le durcissement du contrôle routier, la protection renforcée des usagers de deux-roues, la mise en œuvre de la réforme du Code de la Route (Loi 2022) et le déploiement d'une stratégie multisectorielle alignée sur les Objectifs de Développement Durable (ODD).
​Sur le plan opérationnel, notamment à travers le Projet de Connectivité des Zones Agricoles (PCZA) financé par la Banque Mondiale, l'ANASER déploie plusieurs chantiers innovants :
- ​L'exécution du Plan Stratégique de Développement (PSD) quinquennal ;
- ​L'introduction de modules d'éducation à la sécurité routière dans les établissements scolaires pour « ancrer dès le plus jeune âge les bons réflexes » ;
- ​La digitalisation de l'examen théorique du permis de conduire via une application audiovisuelle ;
- ​L'élaboration du Bulletin d'Analyse des Accidents de la Circulation (BAAC), « dont la mise en œuvre est réalisée à 90 % » ;
- ​La finalisation de l'audit infrastructurel portant sur un réseau de 5 086 km ;
- ​La mise en place de programmes de qualification obligatoire pour les chauffeurs professionnels ;
- ​L'intensification des opérations de contrôle routier en synergie avec les Forces de Défense et de Sécurité.
​Plaidoyer et appel solennel aux partenaires internationaux
​En conclusion de son intervention, le Directeur Général de l'ANASER a lancé un appel solennel aux bailleurs de fonds, partenaires techniques et financiers et institutions internationales :
​« Nous lançons un appel solennel aux bailleurs de fonds, aux partenaires techniques et financiers, aux organisations internationales pour qu'ils nous accompagnent dans cet immense chantier. L'ANASER est prête à porter des projets structurants, à nouer des partenariats innovants et à servir de plateforme institutionnelle pour l'action collective. »
​Les travaux de cette session de haut niveau se sont achevés par l'adoption d'une Déclaration d'Avancement, scellant la volonté des États membres d'imprimer une dynamique concrète et mesurable à la Décennie d'Action.
​Rappelant en clôture que la « sécurité routière est une responsabilité partagée », M. Atoumane SY a réaffirmé la détermination du Sénégal à « redoubler d'efforts dans sa marche vers des routes plus sûres, plus inclusives et plus humaines ».








