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Niger: la branche sahélienne d'Al-Qaida revendique l'attaque meurtrière contre l'aéroport de Niamey


Rédigé le Jeudi 18 Juin 2026 à 23:09 | Lu 56 fois | 0 commentaire(s)




Au moins onze soldats et deux civils ont été tués jeudi dans une nouvelle attaque contre l'aéroport de Niamey, la capitale du Niger, revendiquée par les jihadistes de la branche sahélienne d'Al-Qaida, six mois après une première offensive perpétrée par le groupe Etat islamique.

Le Niger est dirigé depuis près de trois ans par une junte qui peine à endiguer les violences jihadistes qui frappent le pays.

Fin janvier, l'aéroport de Niamey ainsi que la base militaire attenante avaient déjà été pris pour cible par une attaque de l'Etat islamique au Sahel (EIS) repoussée par l'armée nigérienne et ses partenaires russes.

Cette fois, ce sont les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM, son acronyme en arabe), l'autre groupe particulièrement actif au Sahel, qui ont revendiqué une "attaque suicide" sur l'aéroport.

Dans un communiqué lu à la télévision nationale, le ministère de la Défense a dressé un "bilan provisoire" de 11 soldats et deux civils tués ainsi que quatre blessés.

"Côté ennemis, 22 assaillants neutralisés (tués, ndlr) et une vingtaine de suspects interpellés", poursuit le ministère qui affirme que les auteurs de l'attaque étaient "munis de ceintures explosives" et ont "tenté une incursion dans l'aérogare de l'aéroport" de Niamey.

Les tirs sont intervenus au niveau d'un poste de contrôle, sur la seule route d'accès à l'aéroport, à quelques centaines de mètres de l'entrée de l'aérogare, mais les jihadistes ont été repoussés par les forces de sécurité. Une source aéroportuaire a précisé que les assaillants sont arrivés à bord de taxis.

Selon le ministère, "la situation est maîtrisée" et "l'aéroport international, totalement sécurisé, demeure ouvert au trafic aérien".

Le site spécialisé Flightradar indique toutefois que plusieurs vols à destination de Niamey ont été déviés ou retardés, jeudi.

- Accusations contre la France -

Selon des résidents interrogés par l'AFP jeudi, les premiers coups de feu ont débuté à 06H00 (05H00 GMT) et ont duré au moins deux heures, avant un retour au calme.

Selon la source aéroportuaire, les assaillants se sont "éparpillés dans les quartiers environnants où les forces de sécurité mènent de vastes ratissages" où certains ont été abattus, d'autres "capturés avec l'aide de la population".

Comme lors de l'attaque de janvier, le régime nigérien a pointé la France du doigt, le ministère de la Défense qualifiant les assaillants de "mercenaires armés à la solde de la France d'Emmanuel Macron".

Depuis son arrivée au pouvoir par un putsch en aout 2023, la junte nigérienne accuse régulièrement l'ex-puissance coloniale de financer les jihadistes pour le déstabiliser, ce que Paris nie.

Plusieurs organisations ou Etats ont réagi à l'attaque: l'Union européenne l'a "condamnée" via une publication de sa représentation à Niamey et la Commission de l'Union africaine a de son côté adressé ses "sincères condoléances" et "salué la rapide réponse des forces de sécurité".

Le Bénin voisin, qui normalise ses relations avec Niamey après une longue brouille, a "exprimé sa pleine solidarité au peuple nigérien frère".

Cette attaque survient moins de six mois après l'attaque du 29 janvier qui avait marqué les esprits au Niger, l'aéroport de la capitale étant alors frappé pour la première fois par les jihadistes. Elle avait fait quatre blessés et de nombreux dégâts matériels, selon les autorités.

Le site est sensible: entre décembre et janvier, il accueillait une importante cargaison de concentré d'uranium, bloquée en attendant d'être exportée. Aucun mouvement de cette cargaison n'a été identifié depuis.

Le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire issu d'un coup d'Etat en juillet 2023, avait évoqué "une faille dans le dispositif" qui "a permis l'attaque", dont "l'objectif était de détruire toutes les capacités aériennes" de l'armée.

Ces dernières semaines, le régime avait lancé une grande campagne de destructions de quartiers autour de l'aéroport et pris diverses mesures de sécurité.

"Il semble que l'établissement d'une zone de sécurité, qui a débuté il y a peu, porte déjà ses fruits", a écrit la chaine Télégram russe Departamente qui couvre l'Afrique de l'Ouest.

"La facilité avec laquelle ces attaques sont menées suggère aussi que les assaillants sont capables d'obtenir des informations de l'intérieur", tempère Hasret Kargin, chercheur au cabinet d'intelligence Mintel World qui souligne que l'Etat islamique au Sahel a lancé ces derniers jours "de nouvelles attaques" dans le pays.

Le régime militaire nigérien fait face depuis le milieu des années 2010 aux jihadistes, contre lesquels il peine à lutter, comme ses voisins le Burkina Faso et le Mali.

En avril, le JNIM avait durement frappé le Mali voisin, également gouverné par une junte, jusque dans la capitale Bamako.



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