Les crises climatiques ne menacent pas seulement les infrastructures et les moyens de subsistance des ménages ; elles bouleversent profondément le destin des adolescentes en les exposant directement aux mariages précoces et forcés. Au Sénégal, 13 % des filles et jeunes femmes interrogées dans le cadre d’une recherche globale menée par l’ONG Plan International déclarent s’être mariées avant l’âge de 18 ans à la suite d’une catastrophe ou d'un événement climatique majeur. À l’échelle mondiale, cette proportion s’établit à 11 %.
Ces données chiffrées ont été présentées par Salimata Bocoum, directrice pays de Plan International au Sénégal, lors du sommet continental consacré à la résilience des femmes et des filles face aux changements climatiques, aux conflits et aux crises, réuni à Dakar.
Intitulée « Changeons son avenir », cette enquête scientifique a été conduite auprès de 5 000 filles et jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans réparties dans cinq pays, dont le Sénégal. Elle met en évidence les répercussions directes et dévastatrices des chocs environnementaux sur les droits fondamentaux et les conditions de vie des filles.
Mariages précoces et grossesses non désirées : Des indicateurs sociaux en hausse
Au niveau local, 34 % des participantes sénégalaises rapportent avoir constaté une augmentation nette des mariages d'enfants de moins de 18 ans au sein de leur communauté après un épisode climatique extrême, contre 36 % observés au niveau mondial. En outre, 25 % des jeunes filles sondées au Sénégal signalent une hausse des grossesses non désirées dans leur environnement immédiat, contre 31 % à l’échelle internationale.
Pour Salimata Bocoum, ces révélations prouvent que l'impact du changement climatique s'étend bien au-delà de la seule sphère écologique ou économique. Elles constituent un appel d'urgence pour intégrer systématiquement la protection de l'enfance, la prévention des violences basées sur le genre et la santé sexuelle et reproductive dans toutes les stratégies de réponse aux crises climatiques.








