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Le patriotisme de Parti ou le Parti de la Nation ? Réactualiser le projet ! ( Par Amadou Tidiane WONE )


Rédigé le Dimanche 25 Octobre 2026 à 23:20 | Lu 77 fois | 0 commentaire(s)




L’Histoire politique de notre pays, des résistances anticoloniales à nos jours, s’est construite au prix de lourds sacrifices. Tout le long de la succession de générations d’hommes et de femmes qui ont habité le Sénégal, bien avant qu’il ne s’appelât ainsi, des patriotes qui ne figurent ni dans les livres d’histoire, ni dans aucun récit de tradition orale, ont versé leur sang pour défricher, ensemencer et irriguer, cette terre où fleurissent nos libertés actuelles. Des royaumes ancestraux à la République, héritée de la colonisation, nos populations ont constamment opposé une résistance farouche à l’injustice et conquis, pas à pas, les libertés civiques dont nous jouissons aujourd’hui .

C’est dire que l’Histoire de ce pays n’est pas intelligible, découpée par séquences, déconnectées les unes des autres. Au demeurant, chaque époque a produit ses figures remarquables, ses héros mais aussi ses…Judas (!) Et c’est selon les attendus du narratif, que tel est un héros pour les uns ou une crapule pour les autres…L’Histoire est ainsi remplie de ces figures duales, célébrées ou honnies…

La politique, au sens contemporain du terme, a beaucoup perdu de son substrat intellectuel, philosophique, idéologique voire spirituel. Activité noble par essence, l’engagement politique au sens de servir la communauté, se traduit de plus en plus par : se servir et, au besoin, asservir… Même le sens chevaleresque et, quasi romantique de l’engagement en politique, au sens du don de soi à une cause supérieure, sans attendre de retour immédiat et quantifiable, a cédé la place à une course effrénée vers le Pouvoir et ses avantages ! Les idéologies et pensées structurantes sont confinées dans des cercles restreints, comme des reliques ou des curiosités universitaires.

Et nous voici désormais, rendus à l’ère des guérillas verbales et de l’intifada des mots… Piques et lances, courageusement décochées à partir de smartphones bon marché ! La mode des « Live » incendiaires, pour déverser sa bile et entretenir la colère des frustrés, est devenue la règle de l’occupation du terrain médiatique et... « politique » ! Ne pas construire, mais détruire avec des mots semble donner un sens à certaines vies…Pour combien de temps ? Car, à y regarder de près, les « influenceurs » sont une nouvelle espèce de prédateurs à durée brève et déterminée ! Il s’en crée tout le temps de nouveaux qui poussent à la retraite les précédents. Cela explique le principe de la surenchère verbale sans laquelle on tombe très vite en ...désuétude. Les nouveaux héros sont donc de pacotilles. Le temps d’une saison, leurs propos se diffusent de manière...virale ! Tels les microbes destructeurs épandeurs de pandémies planétaires. Les masses quant à elles, entendez des êtres de chair et de sang, d’ambitions contrariées et de rêves inassouvis, se rassemblent sur commande autour du plus offrant, s’il s’acquitte des moyens de transport et des frais de restauration, fut-il un délinquant notoire.

Produits marketing, élaborés en agence ou gourous médiatiques inspirés, la tyrannie des réseaux sociaux impose des figures artificielles entretenues par des algorithmes complices… Des écosystèmes hypnotiques neutralisent nos capacités de veille critique et entretiennent une sujétion de nos pensées à des causes vidées de leur substance… Les bonimenteurs prospèrent au grand dam de la Vertu.

Depuis une vingtaine d’années notamment, nous avons laissé le discours politique s’installer sur une pente glissante. De plus en plus raide. Les abysses sont proches. Les soi-disant influenceurs, plutôt inquisiteurs, délateurs et menteurs, y règnent en maîtres…Leurs délires cathodiques alimentent les causeries de Grand-Place pour rompre la monotonie des jours trop longs, car sans perspectives.

Misère de la « politique » et de ses avatars …

Dans cette atmosphère de fin d’un monde, l’alternance politique survenue dans notre pays en 2024 semblait porter les germes d’une Révolution mentale, culturelle, sociale et politique de forte amplitude pour inverser, définitivement, la dégringolade vers ces bas-fonds. Nous nous sommes tant battus pour ce « PROJET » ! Chacun à la mesure de ses moyens intellectuels et physiques, matériels et financiers. Nous espérions, ardemment, une inflexion définitive et vigoureuse allant dans le sens d’une nouvelle trajectoire, pour le pays et pour le Continent…Nous aspirions à une véritable Renaissance Africaine par un nouveau lever du « soleil des indépendances » à l’Ouest de ce Continent tant martyrisé au cours des siècles passés. Notre pays devait être le phare de la Rédemption de nos ambitions enfouies sous des siècles de servitude et de négation de notre humanité !

Le Sénégal, porté par sa jeunesse, avait vocation à devenir le laboratoire expérimental de tous les futurs possibles pour une Afrique nouvelle, décomplexée et rigoureusement ambitieuse !

Mais…Hélas.

Une crise…politicienne aux contours encore flous, est venue savonner la planche de nos ardents désirs de RUPTURE définitive d’avec les démons de la division. Sur un fond, bien navrant, d’ambitions crypto-personnelles et de stratégies solitaires de courte vue.

Le pire des scénarios, tant imprévisible que d’une tristesse innommable, est entrain de se dérouler sous nos yeux...

Le rêve se transformerait-il en cauchemar ? Nous disons NON !

Il appartient à ceux dont la conscience politique dépasse le cadre clivant des partis politiciens de se poser en rempart contre la destruction des socles fondamentaux de la Nation !

Tant il est vrai que :

« Le politicien pense à la prochaine élection tandis que l’homme politique pense à la prochaine génération ! »

Contre la montée des extrémismes identitaires et de la xénophobie, contre le laisser-aller et le laisser-faire qui atteignent des seuils inattendus à tous les niveaux de la société, contre le mensonge érigé en règle de survie sociale, contre le culte du paraitre, la corruption généralisée et ses conséquences incalculables sur la mauvaise qualité des infrastructures, contre la gabegie, l’enrichissement illicite et toutes les tares comportementales qu’une véritable REVOLUTION était sensée combattre et éradiquer !

Nous disons NON ! Car, ainsi que le disait le poète, « Il n’y a pas de destin forclos, il n’y a que des responsabilités désertées. »

Il est temps, pour notre génération, d’assumer sa part d’Histoire pour enrayer la machination implacable du chaos…

A cet égard, et prenant la pleine mesure des risques multiples et connexes qui menacent l’avenir de notre Nation, après une réflexion profonde entamée depuis le début des tensions entre le Président de la République Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, alors Premier Ministre, je suis parvenu à la conclusion que la stabilité du pays passe par :

La conduite à bonne fin du mandat présidentiel en cours. Rien ne doit le perturber et encore moins chercher à l’abréger. L’échec de Bassirou Diomaye FAYE sanctionnera celui d’une génération ! Sa réussite sera celle d’une transmission de témoin avec succès.

A défaut d’un rétablissement de la concorde et de l’harmonie au Sommet de l’Etat, les forces sociales et politiques que compte notre pays doivent prendre la mesure des dangers et du péril qui guettent notre pays si les tensions actuelles persistent. En conséquence, rassembler les énergies autour de l’intérêt supérieur de la Nation sur la base d’une plateforme consensuelle puissante doit devenir le seul baromètre du patriotisme.

Entreprendre des consultations, par-delà le cadre étriqué des partis politiques dont le rôle et les fonctions doivent être revisitées et réactualisées au regard des défis des temps nouveaux. Peut-être que le moment est venu de rationaliser le nombre de partis politiques, leur mode de financement et surtout le code déontologique qui doit les régir !

Le Sénégal est notre terre, nous devons la cultiver, y semer de bonnes graines, l’entretenir. Notre génération doit avoir à cœur de marquer son passage sur cette terre en changeant, radicalement, le cours du destin de ses enfants. Transformer en profondeur les conditions de vie et d’existence de ceux qui y vivent est le seul héritage que chaque génération doit à la suivante. La maîtrise des egos et la mise en perspective de la destinée collective d’une Nation sont la Voie de la Grandeur et de la conquête d’une place honorable dans les langues de la postérité.

Tout le reste n’est que fumée de flammèches…



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