La "DéSonkorisation" du pouvoir en continu : de Pastef à "Passe-ton-fauteuil"
En politique, les fauteuils ont une étrange maladie : ils développent soudainement une allergie à leurs occupants. Depuis le divorce au sommet de l'État, la "déSonkorisation" de l'administration avance à la cadence d'un Conseil des ministres. Hier, on prêtait serment. Aujourd'hui, on prête les clés du bureau. Demain, on rendra peut-être même le badge avec le sourire... et un "Alhamdoulillah" soigneusement posté sur Facebook, comme si le licenciement était devenu un acte de piété administrative.
Ousmane Sonko avait pourtant recommandé à ses fidèles de ne pas quitter le navire, s'ils le désiraient. Recommandation appliquée à la lettre.
Alors Bassirou Diomaye Faye s'occupe lui-même de leur trouver la sortie. Service présidentiel, départ garanti.
À l'approche du lancement de son parti, le chef de l'État découvre une vieille loi de la politique sénégalaise : un parti naît rarement dans une salle vide. Il faut des militants, des cadres... et surtout des fauteuils à distribuer. Les nominations deviennent alors une campagne électorale avant l'heure.
Pendant ce temps, un autre phénomène amuse les observateurs : la "mackyisation" accélérée des couloirs du pouvoir. Voilà que d'anciens pensionnaires de Benno retrouvent les salons qu'ils connaissaient déjà presque par cœur. Comme quoi, en politique, les portes tournantes portent bien leur nom.
Et puis il y a cette photo avec Macky Sall au Palais. Dans un passé très récent, certains rêvaient de la Haute Cour de justice ; aujourd'hui, on déroule presque le tapis rouge.
Finalement, au Sénégal, les ennemis d'hier peuvent parfaitement devenir les visiteurs d'honneur de demain, au nom de la diplomatie et de son lot de protocoles. La République, elle, change de casting... mais le décor reste étonnamment le même.







