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Kédougou célèbre le 8 mars : les femmes appellent à plus de droits, de justice et d’actions concrètes


Rédigé le Dimanche 8 Mars 2026 à 12:50 | Lu 111 fois | 0 commentaire(s)




À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, les femmes de la région de Kédougou ont saisi l’opportunité pour rappeler les nombreux défis qui persistent dans leur quête d’égalité et d’autonomisation. Placée cette année sous le thème « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles », cette journée met l’accent sur la nécessité de lever les obstacles structurels, d’éliminer les lois discriminatoires et de combattre les normes sociales qui freinent encore l’épanouissement des femmes.

Dans cette région du Sénégal oriental, où l’économie repose largement sur l’agriculture, l’orpaillage et le petit commerce, les femmes jouent un rôle central dans la vie économique et sociale. Pourtant, elles continuent de faire face à de nombreuses difficultés, notamment l’accès limité à la terre, au financement, à l’éducation et aux instances de décision.

« Les femmes travaillent beaucoup mais restent peu reconnues »

À Bandafassi, Mariama Camara, présidente d’un groupement féminin agricole, estime que la reconnaissance du travail des femmes reste un défi majeur. « Ici, les femmes travaillent dans les champs, s’occupent du foyer et participent au commerce local. Mais malgré tout cela, elles ont rarement accès à la terre ou aux financements pour développer leurs activités », explique-t-elle.

Selon elle, le thème de cette année doit se traduire par des actions concrètes sur le terrain. « On parle souvent de droits des femmes, mais il faut aussi nous donner les moyens de les exercer. L’accès à la terre et au crédit peut changer beaucoup de choses pour nous », ajoute-t-elle.

L’éducation des filles au cœur des préoccupations

À Kédougou-ville, Aïssatou Diallo, enseignante dans un collège de la place, insiste sur l’importance de l’éducation des filles pour construire une société plus équitable. « Beaucoup de progrès ont été faits, mais dans certaines zones rurales, les mariages précoces et la pauvreté poussent encore des filles à abandonner l’école », regrette-t-elle.

Pour elle, la justice sociale évoquée dans le thème de cette année passe aussi par un meilleur accompagnement des familles. « Si les filles restent à l’école et accèdent aux études supérieures, elles pourront participer pleinement au développement de la région », souligne-t-elle.

Les femmes de l’orpaillage réclament plus de protection

Dans les zones d’orpaillage de Khossanto et de Tomboronkoto, les femmes sont également nombreuses à travailler dans des conditions souvent difficiles. Fatoumata Keïta, qui exerce dans le tri de minerais, appelle les autorités à mieux protéger les travailleuses du secteur. « Nous participons à l’économie de l’orpaillage, mais nos conditions de travail restent très précaires. Nous avons besoin d’encadrement, de formation et de sécurité », dit-elle.

Elle estime que la justice et l’égalité évoquées dans le thème du 8 mars doivent aussi concerner les femmes des sites miniers.

Vers des actions concrètes pour l’égalité

Dans la région de Kédougou, plusieurs associations féminines et organisations de la société civile prévoient des activités de sensibilisation, des panels et des rencontres communautaires pour marquer cette journée. Pour les femmes interrogées, la célébration du 8 mars ne doit pas seulement être symbolique. Elle doit surtout servir de levier pour accélérer les réformes et promouvoir des politiques publiques plus inclusives.

« Les femmes sont au cœur du développement de Kédougou. Si leurs droits sont respectés et si elles ont les mêmes opportunités que les hommes, toute la région en bénéficiera », conclut Mariama Camara.



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