Le Fonds de garantie des investissements prioritaires (FONGIP) a officiellement lancé, ce mardi 20 octobre 2026 à Dakar, le Pacte national pour l'accélération du financement des femmes entrepreneures. Destinée à lever les contraintes d'accès au crédit bancaire d'ici 2029, cette initiative entend fédérer banques, microfinances et organisations féminines. Entre incitations à la structuration des projets et exigences de résultats mesurables, les autorités visent une meilleure inclusion financière, en particulier dans les régions de l'intérieur du pays.
Un pas de plus pour l'autonomisation économique des femmes. Le Pacte national pour l'accélération du financement des femmes entrepreneures a été officiellement lancé ce mardi 20 octobre 2026, à Dakar. Portée par le Fonds de garantie des investissements prioritaires (FONGIP), cette initiative vise à faciliter l’accès des femmes au crédit, à renforcer leur accompagnement et à mobiliser davantage de partenaires autour d’engagements mesurables à l’horizon 2029.
À travers ce mécanisme, le FONGIP entend fédérer les initiatives existantes, coordonner les interventions des différents acteurs et proposer un parcours simplifié aux entrepreneures, depuis l’information et la préparation de leurs dossiers jusqu’au financement et au suivi de leurs activités. D’une durée de trois ans dans un premier temps, le Pacte repose sur des engagements volontaires chiffrés et prévoit une évaluation régulière des résultats afin de mesurer les progrès accomplis en matière d’inclusion financière.
La cérémonie de signature a réuni institutions de microfinance, organisations de femmes et partenaires financiers, en présence du représentant du Premier ministre, de l'Administratrice générale du FONGIP, Ndèye Fatou Mbodj, et de la Présidente de l'Union des femmes cheffes d'entreprises du Sénégal (UFCE), Nicole Françoise Gomis Gakou.
Un accès au crédit encore très restreint
Malgré leur rôle moteur dans l’économie nationale, les femmes entrepreneures continuent d'affronter de lourdes contraintes d'accès aux capitaux : exigences de garanties élevées, perception exagérée du risque par les banques, manque de fonds propres, faiblesses de gestion et méconnaissance des mécanismes disponibles.
S'exprimant au nom du Premier ministre, son conseiller spécial Matar Lakh a rappelé que le financement des femmes dépasse le cadre d'une simple politique sectorielle, ces dernières étant actives dans l'ensemble des secteurs clés. S'appuyant sur les données de la Banque centrale (BCEAO), il a révélé que les femmes n'ont capté qu'environ 18 % des crédits bancaires accordés aux particuliers dans l'espace UEMOA en 2024. Rapportée à l’ensemble des concours bancaires, leur part dépasse à peine les 2 %.
Pour le représentant du gouvernement, ce déséquilibre constitue un frein direct à l'économie nationale. Rappelant que le référentiel Sénégal 2050 fait de l'autonomisation des femmes une priorité, il a préconisé de dépasser la seule existence des fonds de garantie pour rendre les crédits réellement accessibles et adaptés, en fixant un objectif d'au moins 40 % de bénéficiaires situées hors de Dakar.
FONGIP : 4,3 milliards FCFA garantis pour les femmes
L’Administratrice générale du FONGIP, Ndèye Fatou Mbodj, a réaffirmé la volonté de son institution de faire de la garantie un levier efficace pour les portées de projets dépourvues de sûretés. Elle a indiqué que, depuis octobre 2024, le FONGIP a garanti 1 385 lignes de crédit pour un montant global de 30,1 milliards FCFA. Sur ce total, 571 lignes ont bénéficié à des femmes pour une valeur de 4,3 milliards FCFA, soit 14,3 % du montant global.
Tout en soulignant les progrès accomplis, la responsable a mesuré le chemin restant à parcourir et a exhorté les femmes à mieux structurer leurs entreprises : « Financer une femme entrepreneure, ce n'est pas seulement financer une entreprise, c'est investir dans l'avenir de notre pays. Osez entreprendre, osez voir grand. Structurez vos projets, préparez vos dossiers et rapprochez-vous du FONGIP. »
L’UFCE exige des retombées concrètes sur le terrain
De son côté, la présidente de l'Union des femmes cheffes d'entreprises (UFCE), Nicole Françoise Gomis Gakou, a insisté sur l'obligation d'aboutir à des résultats tangibles. Elle a martelé que ce pacte ne doit pas rester une simple déclaration d'intention, mais se traduire par des responsabilités partagées et un suivi strict.
Elle a plaidé pour un partage plus équilibré des risques financiers, un accompagnement intégrant la formation, le mentorat, la digitalisation et l'accès aux marchés en milieu rural. Exigeant que les entrepreneures soient associées au pilotage du dispositif, elle a affirmé que ce programme doit être construit directement avec les usagères afin d'adapter les solutions à leurs réalités de terrain.







