La Haute cour de justice a de nouveau examiné, ce mardi 28 juillet 2026, le dossier de l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, poursuivi pour corruption présumée. L’audience s’est tenue à la Cour suprême, sous la présidence de Mahamadou Mansour Mbaye, assisté de huit députés. L’ancien garde des Sceaux est poursuivi pour association de malfaiteurs, corruption, tentative d’extorsion de fonds, concussion et prise illégale d’intérêts.
Il est 10 h 20 lorsque le président de la Haute cour ouvre l’audience. Il annonce la constitution de deux nouveaux avocats dans le dossier : Maitres El Hadj Diouf et Ibrahima Mbengue, venus renforcer l’équipe de défense d’Ismaïla Madior Fall.
Avant même la lecture de l’ordonnance de mise en accusation, Me Diouf sollicite le renvoi de l’affaire. « Je viens d’être constitué par monsieur Ismaïla Madior Fall. Je n’ai pas encore eu accès au dossier », plaide-t-il, estimant qu’il lui est impossible d’assurer utilement la défense de son client sans avoir pris connaissance des pièces de la procédure.
Son confrère, Me Mbengue, abonde dans le même sens : « Je suis dans la même situation que Me Diouf. Je n’ai lu aucune page du dossier. Je sollicite le renvoi afin de pouvoir, au moins, en prendre connaissance. »
Pour Maitre Ciré Clédor Ly, membre de l’équipe de défense déjà constituée, la demande ne se justifie pas uniquement par l’arrivée de nouveaux conseils. Selon lui, Ismaïla Madior Fall a souhaité renforcer sa défense, mais d’autres considérations militent également en faveur d’un renvoi.
L’avocat souligne notamment que certains aspects de cette affaire sont pendants devant une autre juridiction dans le cadre du dossier impliquant Cheikh Guèye. Il demande également qu’en cas de renvoi, le bracelet électronique imposé à son client soit levé.
Face à ces requêtes, le procureur général près la Haute cour de justice, Jean-Louis Paul Toupane indique que le ministère public n’est pas surpris par cette demande. « Le parquet général s’y attendait. Comme je l’ai toujours dit, le renvoi est une faveur que la Haute cour accorde à la défense. La dernière fois, les avocats avaient demandé un renvoi à huitaine. J’ai entendu dire que le renvoi est un droit sacré. Le dossier est en état. Tous ceux qui ont pris le risque de se constituer à l’audience n’ont qu’à en assumer la responsabilité », déclare-t-il.
Le représentant du parquet précise toutefois que le ministère public ne s’oppose pas à la demande. « Nous n’avons aucun parti pris sur le renvoi. La Haute cour n’est pas à la remorque des autres institutions. C’est à elle seule d’apprécier. Le parquet général s’en rapporte à sa sagesse », conclut-il.
Après avoir entendu les différentes parties, la Haute cour de justice suspend l’audience afin de délibérer sur la demande de renvoi formulée par la défense.
À la reprise, la juridiction décide de renvoyer l’affaire après les vacances judiciaires. Concernant la demande de mainlevée du bracelet électronique, le président rappelle qu’elle avait initialement été jointe au fond.
La Haute cour décide finalement de la disjoindre et ordonne la mainlevée du bracelet électronique imposé à Ismaïla Madior Fall.








