Le groupe sénégalais InTouch a signé ce jour un accord de partenariat stratégique avec le ministère des Finances et des Affaires économiques de Gambie et la Gambia Revenue Authority (GRA). Cette fintech née à Dakar, déjà partenaire des administrations de cinq pays africains, signe ainsi une nouvelle référence.
La cérémonie a réuni Seedy K. M. Keita, ministre des Finances et des Affaires économiques et autorité de tutelle de la GRA, et Omar Cissé, fondateur et CEO d'InTouch Group. Elle conclut un appel d'offres international lancé par les autorités gambiennes pour sécuriser les recettes fiscales, notamment celles issues des jeux en ligne, un secteur en forte croissance dont l'État entend désormais suivre chaque dalasi dû. Retenu parmi trois candidats, InTouch accompagnera la Gambie pendant dix ans.
Un tiers de confiance entre l'État, les opérateurs et les usagers
InTouch interviendra comme tiers de confiance indépendant au service de l'administration fiscale gambienne, sur trois volets. Le monitoring, d'abord, permettra de suivre en temps réel les transactions et les recettes publiques, afin de donner à l'État une vision consolidée et fiable de ses flux. Le traitement des paiements, ensuite, reposera sur une infrastructure sécurisée et interopérable pour collecter et exécuter les paiements de l'État, quel que soit le canal utilisé. La surveillance et le contrôle, enfin, s'appuieront sur des outils d'audit et d'alerte destinés à limiter les fuites de recettes et à renforcer la redevabilité.
Concrètement, l'État ne dépendra plus des seules déclarations des contribuables pour connaître ce qui lui est dû. Il disposera de sa propre source de données, en temps réel, et renforcera ainsi sa maîtrise budgétaire, en anticipant ses recettes et en pilotant ses dépenses avec davantage de précision.
« C'est une réforme importante, et l'ensemble du gouvernement sera mobilisé pour sa mise en œuvre », a déclaré Seedy K. M. Keita ministre des Finances et des Affaires économiques.
Cinq pays, plus de cinq ans d'expérience
Depuis plus de cinq ans, InTouch accompagne gouvernements, administrations fiscales et trésors publics dans la sécurisation de leurs flux financiers. La Côte d'Ivoire, le Cameroun, le Gabon, le Burkina Faso et la Guinée-Bissau lui font déjà confiance, en zones UEMOA et CEMAC, dans des pays francophones comme lusophones. Avec la Gambie, le groupe étend désormais son modèle à un pays anglophone, confirmant qu'il s'affranchit des frontières linguistiques et monétaires.
La souveraineté financière, un enjeu stratégique
Pour Omar Cissé, l'enjeu dépasse la technique : les données sur les flux financiers d'un pays et la collecte des recettes dues aux budgets nationaux doivent rester sous la maîtrise des États, alors que ces outils sont encore trop souvent conçus et opérés hors du continent.
« Nous sommes fiers d'accompagner la Gambie, pays frère, dans la sécurisation de ses finances publiques. Notre modèle repose sur une conviction : une technologie africaine, conçue pour les réalités africaines, au service de la transparence et de la souveraineté financière des États »,souligne le CEO d'InTouch.
Au-delà du contrôle, rapprocher l'impôt des citoyens
L'expertise d'InTouch ne se limite pas à la surveillance des recettes. Le groupe propose aux administrations des solutions qui couvrent toute la chaîne fiscale. Chaque contribuable peut ainsi payer ses taxes et redevances là où il se trouve, sans déplacement ni file d'attente, via le mobile money, les points de vente partenaires ou les agents de terrain. Les services fiscaux, eux, disposent d'un outil de contrôle qui leur offre une traçabilité complète des paiements, des rapprochements automatiques et des tableaux de bord pour repérer les écarts.
Ces solutions répondent aux besoins des États qui cherchent à élargir leur assiette fiscale sans alourdir la pression sur les contribuables qui s'acquittent déjà de leurs obligations.
Une expertise née à Dakar
Fondée à Dakar en 2014, InTouch y a installé ses équipes d'ingénieurs. C'est depuis Dakar que sont conçues les solutions aujourd'hui déployées à Banjul, Abidjan, Bissau, Yaoundé ou Libreville.
Cette expertise rejoint les priorités affichées par les autorités sénégalaises en matière de mobilisation des ressources intérieures, de souveraineté économique et de transparence des finances publiques.
La signature de Banjul sonne ainsi comme un rappel : la souveraineté financière africaine se construit aussi avec des champions africains.












