Depuis le démarrage de l’exploitation pétrolière du champ de Sangomar, les populations de Djiffer, dans la commune de Palmarin (département de Fatick), disent être confrontées à de nombreuses difficultés. Entre la raréfaction des poissons, le manque de financement et l’érosion côtière, les communautés décrivent un quotidien de plus en plus difficile.
Des zones de pêche interdites et des ressources en baisse
Le coordonnateur du Conseil local de la pêche artisanale (CLPA), Souleymane Thiaw, est revenu sur les impacts de cette exploitation sur les activités maritimes. « La ressource halieutique s'épuise. De plus, l’accès à nos zones de pêche historiques nous est désormais formellement interdit en raison du périmètre de sécurité imposé par la plateforme pétrolière », a-t-il déploré lors d'une rencontre avec les acteurs de la pêche ce mardi.
Dans la foulée, il a souligné que Woodside n’aurait pas tenu ses promesses : « Nous avons rencontré plusieurs fois les responsables de Woodside, mais sans suite. L’entreprise n’a jamais pris nos préoccupations en compte. »
Face à cette situation, Souleymane Thiaw a lancé un appel pressant à l’État du Sénégal pour un appui financier en faveur des acteurs de la pêche. Les femmes qui s’activent dans la transformation des produits halieutiques sont elles aussi durement touchées par les restrictions liées aux activités pétrolières.
L'érosion côtière : une menace existentielle pour la région
De son côté, le chef du village, Cheikh Sadibou Diamé, a plaidé pour des infrastructures d'urgence afin de lutter contre l’avancée de la mer. « Nous sollicitons la construction d’une digue de protection pour freiner l’érosion côtière, car si Djiffer disparaît, beaucoup d’autres localités de la zone, dont Dionewar, Niodior et Falia vont également disparaître », a-t-il alerté.
Greenpeace Afrique aux côtés des communautés locales
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du plan d’action «Océans» de Greenpeace Afrique, qui a réuni les acteurs de la pêche de la localité. «Nous avons tenu à visiter des sites du littoral sénégalais pour nous rendre compte des impacts liés à l’exploitation du pétrole, du gaz et à l’érosion côtière. Dans ce sens, nous nous sommes rendus à Saint-Louis, Lompoul et Kayar, et aujourd’hui nous sommes à Djiffer», a expliqué le chargé de campagne à Greenpeace, Amadou Oumar Touré.
Selon lui, Djiffer est une zone particulièrement vulnérable où l’érosion côtière est constatée depuis plusieurs années. « Aujourd’hui, avec l’exploitation du pétrole au large de Sangomar, nous avons noté une augmentation de l’érosion, mais aussi des impacts sur les activités de pêche et de transformation des produits halieutiques », a-t-il fustigé. « C’est la raison pour laquelle nous sommes venus à Djiffer pour échanger avec les populations afin de trouver des solutions », a-t-il ajouté.
Vers un plan d'action conjoint
Ainsi, à l’issue de cette activité, un plan d’action sera élaboré et les solutions proposées par les communautés seront prises en compte. « Nous allons revenir travailler avec les communautés pour mettre en œuvre les activités qui ont été identifiées conjointement avec ces populations », a-t-il rassuré.







