Il paraît que le silence est d'or. À voir certaines séquences devenues virales, il faudrait peut-être l'inscrire au Journal officiel.
La vidéo a fait le tour des réseaux plus vite qu'un communiqué de victoire. Les linguistes improvisés sont sortis du bois, les défenseurs aussi. Les uns ont distribué des zéros en français, les autres des circonstances atténuantes. Internet adore les procès expéditifs.
Soyons justes. Une maladresse de langue n'efface ni un parcours, ni des diplômes, ni des compétences. Mais un ministre n'est pas un citoyen comme les autres lorsqu'il prend la parole. Il porte la voix de l'État. Et tant que le français demeure la langue officielle de nos institutions, il est tenu de le manier avec suffisamment de précision... ou de laisser parler un communiqué.
Le problème n'est d'ailleurs pas toujours grammatical. Les accords se corrigent. Une pensée mal structurée, c'est plus compliqué. Gouverner exige aussi de savoir organiser ses idées avant d'aligner ses phrases.
Cette affaire rappelle surtout une vieille vérité : tous les micros ne sont pas des amis. Au Magal, au Gamou ou lors d'une visite impromptue, certains journalistes dégainent le micro plus vite que l'éclair. Non par méchanceté, mais parce que l'actualité ne prévient jamais.
La meilleure parade ? Résister à la tentation de parler sur tout, partout et tout le temps. En communication, savoir se taire n'est pas une faiblesse. C'est parfois la forme la plus élégante... de bien s'exprimer.








