Le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis) a tenu, le 30 janvier 2026, un atelier d’échanges avec les journalistes économiques, membres du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (Cojes) dans le cadre de son initiative dénommée ‘’Rendez-vous du capital-investissement’’. Une rencontre placée sous le signe de la transparence, du dialogue et de la promotion de la souveraineté économique, selon son directeur général, Babacar Gningue.
Source : https://www.lejecos.com/Du-financement-public-au-c...

S’adressant aux professionnels des médias économiques, le Dg a souligné que « le Rendez-vous de l’investissement est une initiative que le Fonsis a mise en place pour discuter des enjeux économiques avec les acteurs concernés et ancrer durablement la culture de la souveraineté économique dans notre pays ».
Changement de paradigme dans le financement du développement
Babacar Gningue a placé cette rencontre dans le contexte de la Vision Sénégal 2050, qui marque, selon lui, un tournant majeur dans le modèle de financement du développement. « Nous passons d’un ancien paradigme où l’État finançait tout, à un modèle fondé sur la mobilisation massive de l’investissement privé, aussi bien national qu’international », a-t-il expliqué.
« La dette publique est aujourd’hui marquée par de fortes contraintes. Elle ne peut plus, à elle seule, répondre à l’ampleur des besoins de financement du pays », a expliqué le Dg du Fonsis. D’où la nécessité d’un changement de paradigme : créer les conditions pour attirer massivement des capitaux privés, nationaux et internationaux, afin de financer des projets à fort impact économique et social.
Cette nouvelle approche vise des projets créateurs d’emplois, capables de répondre à des besoins essentiels dans des secteurs comme la santé, l’éducation, l’énergie ou encore les infrastructures. Contrairement à la dette, le capital – ou « equity » – correspond à de l’épargne investie à risque dans un projet. L’investisseur devient actionnaire, partage les risques et les résultats, et n’exige ni garantie ni remboursement prédéfini.
« Le capital rend un projet plus attractif. Lorsqu’il y a des fonds propres, les banques sont plus enclines à suivre », a souligné le Dg. À l’image d’un achat immobilier, où un apport personnel est exigé, le capital joue un rôle de levier pour mobiliser d’autres financements.
Autre avantage majeur : l’alignement des intérêts. L’investisseur en capital ne perçoit un retour que si le projet réussit. Il est donc pleinement engagé dans la création de valeur, sur un horizon long, généralement compris entre cinq et dix ans. C’est ce que l’on appelle un « financement patient ».
Ce mode de financement est particulièrement adapté aux réalités du tissu économique sénégalais. Les Pme représentent plus de 98,2 % des unités économiques, mais ne génèrent qu’environ 30 % du chiffre d’affaires cumulé, contre 70 % pour les grandes entreprises, qui ne représentent que 0,2 % du total.
Le Dg du Fonsis rappelle que des données d’enquêtes font état de 40 % des Pme sénégalaises qui considèrent l’accès au financement bancaire comme leur principal frein, notamment en raison de l’incapacité à fournir les garanties exigées par les banques. Le capital-investissement apparaît ainsi comme une solution structurante pour libérer leur potentiel de croissance, d’innovation et de création d’emplois.
Bras financier stratégique de l’État
Créé comme fonds souverain détenu à 100 % par l’État du Sénégal, le Fonsis a pour mission d’accélérer la transformation économique du pays, en partenariat systématique avec le secteur privé. Il n’investit jamais seul, mais toujours aux côtés d’acteurs privés, locaux ou étrangers.
Ses trois missions principales sont d’attirer des capitaux privés pour alléger la pression sur le budget de l’État, grâce à un fort effet de levier, de détenir et gérer des actifs stratégiques afin de défendre les intérêts nationaux et la souveraineté économique ; et enfin de développer le secteur privé national, notamment à travers des instruments innovants de capital-investissement. Aujourd’hui, chaque franc investi par le Fonsis permet de mobiliser environ neuf francs de capitaux privés, soit un effet de levier de 1 à 10.
Le Fonsis est présent dans des secteurs jugés sensibles ou stratégiques : eau, énergie, gaz, infrastructures, santé ou agriculture. Il est par exemple actionnaire majoritaire de la Sones, aux côtés de Suez, et coactionnaire dans le Réseau gazier du Sénégal (Rgs), aux côtés de Petrosen et de la Senelec. Le fonds intervient également dans les centrales électriques, les énergies renouvelables et les grandes infrastructures de transport.
À ce jour, le Fonsis a investi 55 milliards de francs Cfa, permettant de réaliser près de 600 milliards de francs Cfa de projets, répartis dans 11 régions sur 14. Son portefeuille compte près de 30 sociétés et une vingtaine de projets majeurs alignés sur la vision Sénégal 2050, représentant environ 1 000 milliards de francs Cfa d’investissements.
Sur les cinq prochaines années, le Fonsis ambitionne de contribuer à la mobilisation de 3 000 milliards de francs Cfa d’investissements, grâce à un engagement public estimé à 300 milliards de francs Cfa.
Trois objectifs majeurs
Le Dg du Fonsis a articulé l’ambition de ce cadre d’échanges autour de trois objectifs principaux. Le premier consiste à rendre accessibles les opportunités économiques issues des projets financés par le Fonsis, aussi bien pour les entreprises locales que pour les populations, afin de favoriser une meilleure appropriation.
Le deuxième objectif vise à vulgariser les instruments de financement innovants, notamment le capital-investissement, encore peu connu mais jugé déterminant pour accélérer le développement des Pme sénégalaises.
Enfin, le troisième objectif est de remettre l’économie au centre du débat public. « Le débat national est trop souvent focalisé sur la politique et les faits divers, alors que notre véritable bataille est économique », a souligné Babacar Gningue, insistant sur la nécessité de lutter contre la pauvreté, l’analphabétisme et de stimuler l’appétit des citoyens pour l’information économique.
Bassirou MBAYE
Changement de paradigme dans le financement du développement
Babacar Gningue a placé cette rencontre dans le contexte de la Vision Sénégal 2050, qui marque, selon lui, un tournant majeur dans le modèle de financement du développement. « Nous passons d’un ancien paradigme où l’État finançait tout, à un modèle fondé sur la mobilisation massive de l’investissement privé, aussi bien national qu’international », a-t-il expliqué.
« La dette publique est aujourd’hui marquée par de fortes contraintes. Elle ne peut plus, à elle seule, répondre à l’ampleur des besoins de financement du pays », a expliqué le Dg du Fonsis. D’où la nécessité d’un changement de paradigme : créer les conditions pour attirer massivement des capitaux privés, nationaux et internationaux, afin de financer des projets à fort impact économique et social.
Cette nouvelle approche vise des projets créateurs d’emplois, capables de répondre à des besoins essentiels dans des secteurs comme la santé, l’éducation, l’énergie ou encore les infrastructures. Contrairement à la dette, le capital – ou « equity » – correspond à de l’épargne investie à risque dans un projet. L’investisseur devient actionnaire, partage les risques et les résultats, et n’exige ni garantie ni remboursement prédéfini.
« Le capital rend un projet plus attractif. Lorsqu’il y a des fonds propres, les banques sont plus enclines à suivre », a souligné le Dg. À l’image d’un achat immobilier, où un apport personnel est exigé, le capital joue un rôle de levier pour mobiliser d’autres financements.
Autre avantage majeur : l’alignement des intérêts. L’investisseur en capital ne perçoit un retour que si le projet réussit. Il est donc pleinement engagé dans la création de valeur, sur un horizon long, généralement compris entre cinq et dix ans. C’est ce que l’on appelle un « financement patient ».
Ce mode de financement est particulièrement adapté aux réalités du tissu économique sénégalais. Les Pme représentent plus de 98,2 % des unités économiques, mais ne génèrent qu’environ 30 % du chiffre d’affaires cumulé, contre 70 % pour les grandes entreprises, qui ne représentent que 0,2 % du total.
Le Dg du Fonsis rappelle que des données d’enquêtes font état de 40 % des Pme sénégalaises qui considèrent l’accès au financement bancaire comme leur principal frein, notamment en raison de l’incapacité à fournir les garanties exigées par les banques. Le capital-investissement apparaît ainsi comme une solution structurante pour libérer leur potentiel de croissance, d’innovation et de création d’emplois.
Bras financier stratégique de l’État
Créé comme fonds souverain détenu à 100 % par l’État du Sénégal, le Fonsis a pour mission d’accélérer la transformation économique du pays, en partenariat systématique avec le secteur privé. Il n’investit jamais seul, mais toujours aux côtés d’acteurs privés, locaux ou étrangers.
Ses trois missions principales sont d’attirer des capitaux privés pour alléger la pression sur le budget de l’État, grâce à un fort effet de levier, de détenir et gérer des actifs stratégiques afin de défendre les intérêts nationaux et la souveraineté économique ; et enfin de développer le secteur privé national, notamment à travers des instruments innovants de capital-investissement. Aujourd’hui, chaque franc investi par le Fonsis permet de mobiliser environ neuf francs de capitaux privés, soit un effet de levier de 1 à 10.
Le Fonsis est présent dans des secteurs jugés sensibles ou stratégiques : eau, énergie, gaz, infrastructures, santé ou agriculture. Il est par exemple actionnaire majoritaire de la Sones, aux côtés de Suez, et coactionnaire dans le Réseau gazier du Sénégal (Rgs), aux côtés de Petrosen et de la Senelec. Le fonds intervient également dans les centrales électriques, les énergies renouvelables et les grandes infrastructures de transport.
À ce jour, le Fonsis a investi 55 milliards de francs Cfa, permettant de réaliser près de 600 milliards de francs Cfa de projets, répartis dans 11 régions sur 14. Son portefeuille compte près de 30 sociétés et une vingtaine de projets majeurs alignés sur la vision Sénégal 2050, représentant environ 1 000 milliards de francs Cfa d’investissements.
Sur les cinq prochaines années, le Fonsis ambitionne de contribuer à la mobilisation de 3 000 milliards de francs Cfa d’investissements, grâce à un engagement public estimé à 300 milliards de francs Cfa.
Trois objectifs majeurs
Le Dg du Fonsis a articulé l’ambition de ce cadre d’échanges autour de trois objectifs principaux. Le premier consiste à rendre accessibles les opportunités économiques issues des projets financés par le Fonsis, aussi bien pour les entreprises locales que pour les populations, afin de favoriser une meilleure appropriation.
Le deuxième objectif vise à vulgariser les instruments de financement innovants, notamment le capital-investissement, encore peu connu mais jugé déterminant pour accélérer le développement des Pme sénégalaises.
Enfin, le troisième objectif est de remettre l’économie au centre du débat public. « Le débat national est trop souvent focalisé sur la politique et les faits divers, alors que notre véritable bataille est économique », a souligné Babacar Gningue, insistant sur la nécessité de lutter contre la pauvreté, l’analphabétisme et de stimuler l’appétit des citoyens pour l’information économique.
Bassirou MBAYE
Source : https://www.lejecos.com/Du-financement-public-au-c...







