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8e EDITION DES REMPT : ELARGISSEMENT DE LA BASE DES INVESTISSEURS : Un enjeu structurel pour le marché


Rédigé le Jeudi 29 Janvier 2026 à 12:26 | Lu 64 fois | 0 commentaire(s)




Un marché de titres publics est profond quand il y a suffisamment d’investisseurs, suffisamment différents, pour acheter, vendre et absorber les émissions sans tension. Or, le manque de profondeur est aujourd’hui le talon d’Achille du marché financier sous-régional. 
8e EDITION DES REMPT : ELARGISSEMENT DE LA BASE DES INVESTISSEURS :   Un enjeu structurel pour le marché
Dans un marché, où les émissions attirent plus de souscripteurs, la demande est mieux répartie, et les États peuvent lever des montants plus importants sans pression excessive sur les taux, lorsque la base des investisseurs est large ; c’est-à-dire diversifiée. À l’inverse, une base étroite (principalement bancaire) comme c’est le cas dans le marché sous-régional, crée une dépendance à quelques acteurs, limite les montants absorbables, et accroît la volatilité en cas de retrait ou de contraintes de liquidité. 

La problématique débattue dans le cadre des 8èmes Rencontres du Marchés des titres publics qui se déroulent depuis ce 27 janvier 2026 à Lomé (Togo) sous l’égide de UMOA-Titres, a suscité la réflexion sur les voies et moyens de dynamiser l’investissement dans les titres publics. 

L’enjeu stratégique

D’emblée, les échanges ont mis en évidence un constat partagé : le marché des titres publics a connu des avancées notables, tant en volume qu’en structuration, avec un allongement progressif des maturités et une meilleure prévisibilité des émissions. Toutefois, cette dynamique reste freinée par une forte concentration des souscriptions, majoritairement assurées par les banques. 

Le potentiel encore sous-exploité de l’épargne des particuliers, notamment via les sociétés de gestion, a été évoqué ; mais aussi la digitalisation des canaux de distribution, les barrières d’accès et le cadre fiscal, identifiées comme des conditions essentielles à améliorer pour intégrer durablement cette catégorie d’investisseurs au marché des titres publics. 

Hermann Traoré, directeur général de Coris Bourse, fait le constat que plus de 90 % des souscriptions restent le fait des banques, pour rappeler que « Cette dépendance limite la profondeur du marché et accentue les risques de tension sur la liquidité », soulignant la nécessité de diversifier les profils d’investisseurs pour soutenir une croissance plus équilibrée. 

Pour sa part, Frank Olivier Diagou, directeur général de NSIA Asset Management, estime que l’élargissement de la base des investisseurs passe nécessairement par une montée en puissance des sociétés de gestion d’actifs. 

Celles-ci jouent un rôle clé dans la collecte et la mutualisation de l’épargne, provenant aussi bien d’institutionnels que de particuliers, et contribuent de manière significative au financement des titres publics. 

Il a toutefois relevé que cette contribution demeure peu visible, alors même qu’elle constitue un levier essentiel pour réduire la concentration du marché et soutenir sa profondeur. Aussi, déplore-t-il que cette contribution « reste encore insuffisamment valorisée ». 

Intervenant au nom des autorités publiques, Doneci Koné, directeur général adjoint de la Direction Générale des Financement de Côte d’Ivoire, a insisté sur les efforts engagés par les États pour renforcer l’attractivité du marché. Il a évoqué l’amélioration de la prévisibilité des émissions, l’allongement des maturités et les progrès en matière de transparence dans la gestion de la dette publique, autant d’éléments destinés à rassurer les investisseurs. 

Mais selon lui, l’élargissement de la base des investisseurs constitue un enjeu stratégique pour sécuriser le financement des États et réduire la pression exercée sur le secteur bancaire. 

Liquidité et culture financière : des enjeux de fond

Abordant les dimensions plus structurelles, Elhadji Mbacké Fall, président du conseil d’administration du groupe MMA Holdings (Invictus Capital & Finance ;KF titrisation et DFA), a souligné que la question de l’élargissement de la base des investisseurs ne peut être dissociée de celle de la profondeur du marché. 

Par ailleurs, M. Fall a mis en avant le déficit d’éducation financière au sein des populations, estimant que la démocratisation de l’investissement passe par une sensibilisation dès le plus jeune âge, à l’image des pays anglo-saxons où la culture boursière est enseignée très tôt. « La finance est trop souvent abordée uniquement lorsque les ressources sont disponibles, alors qu’elle devrait être intégrée en amont, dès la formation initiale », souligne-t-il. 

Se faisant plus concret, il a également souligné la nécessité de créer un écosystème cohérent, « conciliant les besoins des banques en ressources longues et ceux du marché des titres publics, afin de favoriser un financement plus inclusif, aussi bien sur le marché des titres publics que sur le marché financier », a-t-il indiqué. 

Un débat orienté vers des solutions concrètes

Parmi les diverses priorités évoquées, figure une implication accrue et plus active des investisseurs institutionnels, ainsi qu’une ouverture progressive et réfléchie aux capitaux internationaux, afin d’attirer des investissements étrangers. 

Les gestionnaires d’actifs étrangers manifesteraient un intérêt croissant. Néanmoins, les intervenants ont pointé des contraintes réglementaires et opérationnelles, notamment la lenteur des sorties de capitaux et les procédures de rapatriement des fonds. 

Les échanges, modérés par M. Constantin Dabiré, directeur général de la SGI SA2IF, ont permis d’identifier plusieurs pistes récurrentes : diversification des instruments, amélioration de l’accès à l’information, développement du marché secondaire, digitalisation des canaux de souscription et renforcement de la culture financière. 

Il est apparu que la diversification de la base des investisseurs est tout de même un processus long et souvent difficile, mais nécessaire pour qu’un marché puisse être viable. 

Au-delà du consensus sur l’attractivité des titres publics, les discussions ont mis en lumière un défi central : sans élargissement réel de la base des investisseurs, le marché restera structurellement fragile. La profondeur du marché, condition de sa résilience et de son efficacité, dépend désormais moins des intentions que de la capacité des acteurs à traduire ces orientations en réformes concrètes et durables. 
Malick NDAW



Source : https://www.lejecos.com/8e-EDITION-DES-REMPT-ELARG...


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