La société civile féministe monte au créneau. Dans un communiqué publié à la suite d'une conférence de presse, plusieurs organisations ont dénoncé l’instrumentalisation du Protocole de Maputo par certains acteurs politiques et sociaux, accusés de semer la confusion en l’associant à tort aux débats sur l’homosexualité.
Ratifié par le Sénégal en 2004 sans réserve, le Protocole de Maputo officiellement intitulé Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique , est présenté par les collectifs féministes comme un texte fondateur. "Il garantit des acquis essentiels en matière de santé, d’intégrité physique, de participation politique et de justice sociale pour les femmes et les filles", lit-on sur le texte.
Les organisations signataires estiment que ces tentatives d’amalgame constituent une manipulation dangereuse qui détourne l’attention des véritables urgences : la lutte contre les violences patriarcales, les discriminations et les inégalités persistantes.
« Instrumentaliser un texte juridique africain destiné à protéger les femmes constitue une tentative de diversion », rappellent-elles, en appelant à un débat public fondé sur la rigueur juridique et le respect de l’État de droit.
Elles exhortent les autorités, les leaders d’opinion et les médias à ne pas céder aux discours populistes et à accompagner l’application pleine et entière du Protocole par des mesures concrètes. Pour ces collectifs, défendre ce texte revient à protéger les droits fondamentaux des citoyennes, conformément aux engagements africains et internationaux du pays.








