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L’architecture de la souveraineté : Transposition optimisée du modèle émirati pour l’émergence de l’industrie pétrochimique au Sénégal”, Par Ahmed Karim Cissé


Rédigé le Lundi 16 Février 2026 à 17:08 | Lu 65 fois | 0 commentaire(s)




Le modèle de développement des Émirats Arabes Unis (EAU) repose sur un pilier stratégique désormais mondialement reconnu : l’In-Country Value (ICV), que nous traduisons en français par Valeur Ajoutée Locale (VAL). Plus qu’un simple indicateur, la VAL est une philosophie de souveraineté économique définie par le MoIAT (Ministère de l'Industrie et des Technologies Avancées des EAU), comme le pourcentage du coût total d'un contrat qui est réinjecté dans l'économie nationale. 

Sous l’impulsion visionnaire de Son Altesse Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, les autorités émiraties ont transformé la rente pétrolière, en un écosystème industriel durable. Cette vision mérite un hommage profond : elle démontre qu'une nation peut s'ouvrir aux multinationales tout en imposant une "Émiratisation des capitaux", garantissant que chaque dollar investi irrigue les entreprises et la main-d’œuvre nationales, via une formule rigoureuse : Dans l’industrie pétrochimique, ce modèle se concrétise par la maîtrise du Downstream (le secteur aval, englobant le raffinage et la transformation chimique). 

L’exemple de Borouge — une Joint-Venture entre la compagnie nationale ADNOC et l’Européen Borealis — illustre cette réussite. La structure de financement repose sur le Project Finance (financement de projet), une technique contractuelle où la dette (souvent 70 % du capital) est remboursée par les flux de trésorerie futurs du projet lui-même. Ce montage permet de mobiliser des capitaux auprès de banques internationales tout en sécurisant l’approvisionnement en Feedstock (matière première gazière) à des prix compétitifs, créant ainsi une valeur ajoutée immense à partir de la transformation de la molécule de gaz. 

Le Sénégal, sous l'égide de ses nouvelles autorités, en l'occurrence le duo Diomaye-Sonko véritables champions de la souveraineté, se trouve à l’aube d'une révolution similaire. L'épine dorsale de cette ambition est le projet "Gas-to-Power" (du gaz vers l’électricité) et le développement du Réseau Gazier du Sénégal (RGS). Le principe est puissant : utiliser le gaz domestique comme combustible pour les centrales électriques afin de réduire drastiquement le coût du kilowatt-heure. Cette infrastructure de gazoducs ne doit pas être perçue comme un simple transport de ressources, mais comme le socle d'une Souveraineté Énergétique. En maîtrisant son propre réseau, le Sénégal s'affranchit de la volatilité des marchés mondiaux et assure à son industrie naissante une énergie stable et abordable. 

La réussite de ce saut industriel passera impérativement par une "Sénégalisation" agressive de l’investissement. Il ne s'agit plus seulement de respecter les quotas de la loi sur le contenu local, mais d'instaurer un système de score VAL inspiré du modèle ADNOC. Cette "Sénégalisation" impose aux multinationales pétrolières de réinjecter leurs profits dans le tissu économique local : formation technique de pointe, transfert de brevets, et co-investissement dans des unités de transformation. En transformant localement le gaz en urée (engrais) pour l'agriculture ou en polymères pour l'industrie, le Sénégal pourra non seulement atteindre l'autosuffisance, mais aussi exporter des produits finis vers le marché de la ZLECAF (Zone de libre-échange continentale africaine). 

L'ouverture des autorités émiraties à soutenir le Sénégal dans cette quête de souveraineté est une opportunité historique. Les deux nations partagent cette volonté farouche de ne plus être de simples exportateurs de matières premières, mais des leaders industriels. En s'inspirant de la discipline financière d'Abou Dhabi et en l'adaptant au génie sénégalais, le pays peut transformer son gaz en un catalyseur de développement durable. La vision souveraine du gouvernement sénégalais, alliée à l'expertise technique des Émirats, dessine les contours d'un axe stratégique Dakar-Abou Dhabi fondé sur le respect mutuel et la prospérité partagée, faisant du Sénégal le nouveau phare de l'industrie pétrochimique en Afrique. 

En définitive, si le Sénégal ne dispose pas encore des mêmes leviers financiers que les Émirats, il possède une ressource tout aussi précieuse : son capital humain. Le succès de cette transition ne résidera pas dans une copie conforme, mais dans une réplication intelligente. 

Il appartient désormais au génie sénégalais — juristes d'affaires, financiers et ingénieurs pétroliers — de contextualiser ce modèle. La souveraineté n'est pas un slogan, c'est une construction technique. En adaptant la VAL à nos réalités, le Sénégal prouve que l'on peut transformer ses ressources en une révolution industrielle. Avec l'appui stratégique de nos partenaires émiratis et l'audace de nos autorités, le Sénégal dessine les contours d'un avenir où le gaz est le moteur d'une prospérité partagée et souveraine. 



” 

Ahmed Karim Cissé 
Administrateur Directeur Général 
CSF FZE Sillicon Oasis Dubai 
csfsymbiose@gmail.com


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