À l’ouverture de la 4e édition du Forum international sur les violences machistes et la promotion de l’égalité de genre, la directrice nationale de la Famille, Dr Rokhaya Diakhaté, a lancé un appel fort à une transformation profonde des mentalités et des pratiques sociales qui freinent encore l’émancipation des femmes et des filles.
Représentant la ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, elle a insisté sur la nécessité de « briser les barrières qui maintiennent les femmes dans l’inégalité », estimant que les avancées juridiques du Sénégal doivent désormais se traduire de manière concrète dans la vie quotidienne des citoyennes. Devant un parterre composé d’acteurs institutionnels, de représentants de la société civile et de partenaires techniques et financiers, la responsable a rappelé que le Sénégal dispose aujourd’hui d’un cadre juridique solide, marqué notamment par la loi sur la parité, la criminalisation du viol et de la pédophilie, ainsi que l’interdiction des mutilations génitales féminines.
Cependant, malgré ces acquis, Dr Rokhaya Diakhaté a relevé une persistance préoccupante des violences basées sur le genre, confirmée par les dernières données disponibles. Une situation qui, selon elle, traduit un décalage persistant entre les textes et leur application effective sur le terrain. « Nous avons des lois, mais leur impact reste encore insuffisant dans les réalités vécues par les femmes dans nos familles, nos quartiers et nos communautés », a-t-elle souligné, appelant à renforcer l’ancrage territorial des politiques publiques. La directrice de la Famille a également dénoncé les pesanteurs socioculturelles et les stéréotypes de genre qui continuent de légitimer, parfois de manière implicite, les inégalités et les violences. Des expressions et représentations sociales encore fortement ancrées contribuent, selon elle, à limiter la participation pleine et entière des femmes à la vie économique, sociale et politique.
Dans cette dynamique, elle a salué les initiatives de l’État du Sénégal, notamment la Stratégie nationale pour l’équité et l’égalité de genre, les programmes de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, ainsi que les dispositifs de prise en charge et d’assistance aux survivantes. Dr Rokhaya Diakhaté a enfin exhorté l’ensemble des acteurs, collectivités territoriales, organisations de la société civile, leaders religieux et coutumiers, jeunes et partenaires internationaux, à unir leurs efforts pour transformer les engagements en résultats concrets. « Ensemble, nous pouvons construire une société où les femmes et les filles vivent libres de toute forme de violence et d’inégalité », a-t-elle conclu, déclarant ouverte la 4e édition du forum.








