C’est officiel ! Le Projet de renforcement des capacités du Sénégal pour se conformer au cadre de transparence renforcée (CBIT-Sénégal) a été lancé ce mercredi, à Dakar, en marge d’un atelier tenu à cet effet. Ce projet permettra au Sénégal de renforcer durablement ses capacités techniques, institutionnelles et humaines afin de satisfaire pleinement aux exigences du cadre de transparence renforcée.
Une initiative majeure financée par le Fonds pour l’environnement mondial
Le CBIT-Sénégal, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) avec l’appui du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), est une initiative majeure destinée à renforcer les capacités nationales en matière de transparence climatique, à améliorer les systèmes de collecte et de gestion des données climatiques et à accompagner la mise en œuvre de la Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0), conformément aux exigences de l’Accord de Paris.
Il s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des engagements pris par l’État du Sénégal au titre de l’Accord de Paris sur les changements climatiques.
Le projet s'articule autour de trois composantes majeures. La première vise à mettre en place une plateforme nationale intégrée de transparence, véritable infrastructure nationale destinée à centraliser, harmoniser, sécuriser et diffuser les données climatiques.
La deuxième permettra de développer les différents modules techniques nécessaires au suivi des émissions de gaz à effet de serre, de l'adaptation, des pertes et préjudices, des besoins technologiques, du renforcement des capacités ainsi que des soutiens financiers.
Enfin, la troisième composante favorisera l'intégration durable de cette plateforme dans les processus nationaux de planification, de suivi-évaluation et de rapportage international, tout en renforçant les capacités des institutions nationales.
Le Sénégal a ratifié la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, le Protocole de Kyoto ainsi que l'Accord de Paris, traduisant ainsi sa volonté de contribuer pleinement à l'effort mondial de lutte contre les changements climatiques.
Il a également élaboré trois communications nationales, un rapport biennal actualisé, soumis sa Contribution déterminée au niveau national et procédé récemment à la validation technique de la CDN 3.0, fruit d'un important processus participatif ayant mobilisé l'ensemble des secteurs concernés.
Ces avancées traduisent la volonté constante du pays d'inscrire son action climatique dans une démarche de responsabilité, de transparence et d'amélioration continue.
Cependant, force est de constater qu’aujourd'hui, une politique climatique efficace ne peut être conduite sans disposer de données fiables, harmonisées, régulièrement mises à jour et accessibles. C'est dans cette dynamique que s'inscrit le projet CBIT-Sénégal.
« Les données climatiques sont devenues un véritable patrimoine stratégique »
À ce titre, le directeur de cabinet du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr Bouré Diouf, présidant la rencontre au nom du ministre Dr Aliou Gori Diouf, est revenu sur la nécessité de disposer de ces données.
« Les données climatiques sont devenues un véritable patrimoine stratégique. Elles permettent de mesurer les émissions nationales de gaz à effet de serre, d'évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre de notre Contribution déterminée au niveau national, de suivre les actions d'adaptation, d'orienter les investissements publics et privés, d'apprécier les besoins en financement climatique et de rendre compte des résultats obtenus », a-t-il soutenu, en présence de Madeleine Diouf Sarr, directrice du Changement climatique, de la Transition écologique et des Financements verts.
Il ajoute : « Or, malgré les progrès accomplis, nous faisons encore face à plusieurs défis liés à la disponibilité, à la qualité, à l'harmonisation et au partage des données entre les différents secteurs. Cette situation limite notre capacité à produire des informations cohérentes, à démontrer les résultats de nos politiques publiques et à mobiliser davantage de ressources financières internationales. »
Selon le Dr Diouf, dans le contexte actuel, les données constituent la véritable monnaie de la crédibilité climatique. « Sans données robustes, il devient difficile d'évaluer les progrès accomplis, de convaincre les bailleurs de fonds et de démontrer l'efficacité des investissements consentis », a-t-il insisté.
À l’en croire, ce projet, pendant les trois prochaines années, permettra au Sénégal de renforcer durablement ses capacités techniques, institutionnelles et humaines afin de satisfaire pleinement aux exigences du cadre de transparence renforcée.
La rencontre a été organisée par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, à travers la Direction du changement climatique, de la transition écologique et des financements verts.
Elle a réuni les représentants des administrations publiques, des partenaires techniques et financiers, des collectivités territoriales, du secteur privé, des universités, des centres de recherche ainsi que des organisations de la société civile.







