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Doctorat illégal : L’impuissance de la DGES face aux VIP


Rédigé le Vendredi 25 Septembre 2026 à 21:29 | Lu 58 fois | 0 commentaire(s)




Après l’annonce de la soutenance de thèse de six personnalités, la Direction générale de l’enseignement supérieur (DGES) a sorti un communiqué pour rappeler que non seulement ‘’ces diplômes ne respectent pas les dispositions d'ordre public régissant le secteur’’, mais aussi qu’ils « ne sont reconnus ni au Sénégal ni à l'international ». En résumé, le Centre africain d'intelligence stratégique a délivré du navet, selon le Mesri.

En vérité, c’est le énième communiqué du genre de la DGES. À chaque fois que ces soutenances font l’actualité, cette direction du Mesri fait une communication pour rappeler les règles, dénoncer les pratiques, sans aucune suite. Et à force d’aligner les réactions par voie de communiqués, le ministère finit par avouer son impuissance face aux VIP à qui sont délivrés ces doctorats illégaux. Ces VIP sont essentiellement des acteurs politiques et de hauts gradés de l’armée, de la police ou de la gendarmerie, avec comme complices des professeurs d’université de rang A dont certains sont bien connus du public.

Le point de départ le plus connu du grand public est le doctorat décerné à Aïda Mbodji. Par la suite, il a été suivi par Cheikh Omar Diagne. La DGES, dirigée alors par le Pr Amadou Abdoul Sow, ancien Doyen de la Faculté des lettres et sciences humaines, avait sorti un communiqué pour alerter.

Quelques temps après, c’est le général d’armée Jean-Baptiste Tine qui décroche son doctorat alors qu’il était ministre de l’Intérieur. Là aussi, la DGES avait sorti un communiqué pour rappeler qu’à ce jour, aucun établissement privé n’est habilité à délivrer le doctorat. Ce diplôme est jusqu’ici réservé aux écoles doctorales des universités publiques. Notons au passage que là où l’université se contente de mettre le nom du doctorant, ces établissements indiquent des fonctions telles que ancien ministre, DG, administrateur de fonds et même chef de division par intérim. C’est dire qu’on a affaire à des super-doctorants.

Le problème, c’est que certains établissements privés veulent délivrer tous les diplômes de l’enseignement supérieur, y compris le doctorat. N’étant pas habilités, ils nouent des partenariats avec certaines entités des universités afin de légitimer ainsi leur doctorat. Par exemple, les dernières soutenances de VIP ont été rendues possibles par un partenariat avec Ethos, une école doctorale de l’UCAD et la FASTEF qui abrite d’ailleurs les séances de soutenance.

Et dans ce jeu, les établissements privés trouvent facilement de la complicité chez les professeurs d’université de rang A, les seuls à pouvoir encadrer un doctorant et à siéger dans un jury de soutenance de thèse.

Lorsqu’on regarde les affiches ou la page de couverture des thèses, on retrouve les noms des professeurs d’université régulièrement employés par l’État et qui vont à l’encontre des règles édictées par la tutelle. Tous les ministres de l’enseignement supérieur et les Directeurs généraux de l’enseignement supérieur qui se sont succédé savent que ce sont leurs collègues qui apportent la caution scientifique. Les professeurs des sciences juridiques et politiques et ceux des sciences sociales sont les plus nombreux.

À un moment donné, la DGES et le ministère doivent arrêter ces communiqués et prendre pleinement leurs responsabilités. Sur ce point, deux possibilités s’offrent. Soit l’État est convaincu qu’à l’heure actuelle, seules les universités publiques sont habilitées à délivrer le doctorat. Dans ce cas, il se donne les moyens de faire respecter la loi, y compris par les doctorants VIP et les professeurs titulaires. Que les politiciens et hommes de tenue aillent à l’université s’ils veulent avoir le doctorat.

Soit, l’État reconnaît que le contexte actuel permet à des établissements privés de délivrer le doctorat. Dans ce cas, qu’il ait le courage de constater le caractère obsolète des règles en vigueur et accepte de les mettre à jour. Et si la collaboration en cours entre public et privé peut servir de passerelle, qu’elle soit alors encadrée en attendant de clarifier le jeu. Cette responsabilité revient à la DGES, au MESRI qui doivent arrêter leurs communiqués qui ne sont que des pétitions de principe qui n’inquiètent nullement les responsables des écoles concernées.



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