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Diomaye Faye : le temps des métamorphoses et l'art de se "mackyller" (par Adama Ndiaye)


Rédigé le Vendredi 25 Septembre 2026 à 11:26 | Lu 122 fois | 0 commentaire(s)




Le Président Bassirou Diomaye Faye s'est amaigri — un détail physique qui n’a pas échappé à l’œil de lynx du journaliste Mouhamed Camara (Seneweb)  ni aux observateurs avertis de la toile. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la physionomie du chef de l’État suscite les spéculations. Il y a quelques mois, l'attention se focalisait sur ses biceps, devenus soudainement saillants peu après son installation au Palais. On y décelait alors le portrait d’un Président plein de vie, sûr de sa force et visiblement pas encore assailli par la lourdeur de la charge. Un regain de vitalité et un peps apparents, d'ailleurs couronnés par l’arrivée d’un bébé au Palais — un exploit personnel qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait accompli en cours de mandat. À l’époque, pour être tout à fait juste, d’autres scannaient plutôt les joues et l'embonpoint du duo de l’exécutif pour y déceler les premiers signes du « ngourou» — ce terme wolof désignant les délices et les excès de la jouissance du pouvoir.

​Aujourd'hui, c’est sa silhouette affinée, presque amaigrie, et les traits tirés de son visage qui captent les regards. Si certains feignent de s’en inquiéter, d’autres y voient une sorte d'effet miroir avec le peuple sénégalais, plongé dans un pessimisme profond et une inquiétude grandissante face à la cherté de la vie, au calvaire des délestages et aux désagréments récurrents dans la fourniture d’eau. La métamorphose physique du Président refléterait ainsi le marasme ambiant et cette crainte sourde face aux incertitudes économiques actuelles et futures.

​Mais à y regarder de plus près, la métamorphose la plus spectaculaire et la plus saisissante du chef de l’État reste politique. À croire qu’un ventriloque s’activait en coulisses, qu’un président otage occupait le Palais, et que Bassirou Diomaye Faye n’a été réellement investi Président de la République que le 22 mai 2026, jour du limogeage de son Premier ministre, Ousmane Sonko. Depuis, le chef de l'État a changé de logiciel : il s’est débarrassé d’une centaine de collaborateurs — manifestement imposés par l'ancien Premier ministre, qui se plaignait pourtant de manquer de marge de manœuvre —, s’est dégoté de nouveaux alliés en encourageant sans complexe la détestable transhumance politique, et s'est même rabiboché avec son prédécesseur Macky Sall, qu’il accusait pourtant, il y a peu encore, de « manœuvrer » contre les intérêts du Sénégal.

​Si l'on peut concevoir la nécessité pour un chef de l’État de se bâtir un appareil politique solide en vue des futures échéances électorales, Diomaye Faye aurait gagné à faire preuve de plus de panache dans sa volonté de s’émanciper d'Ousmane Sonko. Il aurait pu — et il en avait la stature au regard de certains de ses discours — imposer sa propre singularité et imprimer sa marque, au lieu de renouer avec les vieilles ficelles de ses prédécesseurs. Et c’est précisément là que réside la métamorphose la plus déconcertante : voir Diomaye Faye se « mackyller » et tenter de réduire l'opposition à sa plus simple expression en cajolant l'opportunisme politique.



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