Vipeoples.net  | Site d'actualité générale sénégalaise des VIP


Dette, transparence et pression fiscale : Le député Amadou Diallo alerte sur « une dérive inquiétante »


Rédigé le Mardi 31 Mars 2026 à 14:09 | Lu 53 fois | 0 commentaire(s)




Dans le cadre d’un point de presse du groupe parlementaire Takku Wallu, le député Amadou Diallo est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « dérive dans la gestion des finances publiques » et un manque de transparence préoccupant de la part du gouvernement. D’emblée, il plante le décor : « Notre intervention repose uniquement sur des éléments factuels tirés de documents officiels. Il s’agit d’informer et d’alerter l’opinion nationale et internationale ».

Au cœur de son intervention, une opération financière de grande ampleur : un emprunt de 650 millions d’euros, dont 350 millions via l’Africa Finance Corporation (AFC). Selon le député, le Sénégal a d’ailleurs renforcé sa participation dans cette institution à hauteur de 8,4 milliards FCFA en 2025, inscrits dans une loi de finances rectificative. Mais pour lui, le problème est ailleurs : « Ces emprunts n’ont été ni publiés, ni déclarés, contrairement aux pratiques habituelles de l’État ». Il rappelle que, traditionnellement, les autorités communiquent sur les levées de fonds, les taux et les résultats. « Cette fois-ci, ce n’est pas le cas », déplore-t-il.

Le droit à l’information du Parlement « bafoué »

Le député insiste longuement sur le cadre légal. Il s’appuie notamment sur la loi sur la transparence des finances publiques (2012) et la loi organique relative aux lois de finances (2020). « Les députés disposent d’un droit d’information sans réserve sur tous les aspects de la gestion des deniers publics », martèle-t-il. Pourtant, selon lui, plusieurs demandes sont restées sans réponse, notamment concernant un rapport du cabinet Mazars, les accords entre l’État du Sénégal, l’AFC et First Abu Dhabi Bank, ou encore les données actualisées sur la dette publique. Face à ces requêtes, le ministère des Finances aurait opposé une « clause de confidentialité ». Une justification que le parlementaire rejette : « Comment peut-on refuser l’accès à des députés qui ont autorisé ces emprunts ? » Autre point d’inquiétude : l’absence de publication des bulletins statistiques sur la dette. « Depuis 2023, aucune donnée officielle n’a été publiée. C’est une violation de la loi », affirme-t-il, évoquant des engagements non respectés devant l’Assemblée nationale.

Une « asphyxie fiscale » des ménages et des entreprises

Sur le terrain économique, le député dénonce une pression fiscale excessive. Chiffres à l’appui, 2024 : 3 877,1 milliards FCFA de recettes internes ; 2025 : 4 201,1 milliards FCFA (provisoire) ; Total : plus de 8 072 milliards FCFA. Pour lui, cette performance repose essentiellement sur les contribuables : « Ce sont les Sénégalais qui supportent une pression fiscale sans précédent ». Il évoque une multiplication des cessations d’activités, des PME et PMI « qui ferment une à une », et une économie en ralentissement. Dans ce contexte, le député appelle à un effort collectif : « On ne peut pas demander aux populations de se serrer la ceinture sans que l’État fasse lui-même des sacrifices ». Il propose notamment la réduction des fonds politiques et leur redéploiement vers les urgences sociales.

Retards sociaux et inquiétudes dans plusieurs secteurs

Le parlementaire liste également plusieurs engagements non respectés : non-paiement des bourses de sécurité familiale, retards dans les programmes sociaux, difficultés pour les étudiants, ponctions salariales constatées chez les enseignants et arrêt de nombreux chantiers publics. « Si le BTP ne fonctionne pas, toute l’économie est paralysée », avertit-il. Avant de demander pour conclure : « Où sont passées les ressources mobilisées en 2024 et 2025 ? »



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Les messages jugés choquants seront de suite supprimés


LERAL TV CANAL 33 SENEGAL


Facebook

Publicité