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Dérive institutionnelle et rupture de l’ordre constitutionnel : une parole politiquement grave


Rédigé le Samedi 29 Novembre 2025 à 13:03 | Lu 101 fois | 0 commentaire(s)



Le premier ministre Ousmane SONKO, convoqué devant l’Assemblée nationale du Sénégal pour répondre à une question d’actualité, le Premier ministre était soumis à une exigence simple, mais fondamentale : respecter le cadre républicain, l’objet de la convocation et la dignité de l’institution parlementaire. Cet exercice n’est ni un meeting politique, ni une tribune personnelle, encore moins un espace de règlements de comptes. Il engage la responsabilité de l’État.


Or, au lieu de s’en tenir aux attentes légitimes des députés et du peuple sénégalais, le Premier ministre a fait dériver l’exercice vers des polémiques sans cohérence institutionnelle, mêlant des querelles politiques secondaires, des accusations floues et des considérations qui ne relevaient en rien de l’objet de son audition. Cette dérive porte atteinte à la solennité même du contrôle parlementaire.

Mais le plus grave demeure ailleurs.

En affirmant publiquement : « Je ne travaille pas pour le Président de la République, je travaille pour le Sénégal », le Premier ministre a posé un acte de rupture symbolique avec l’architecture constitutionnelle de la République. Une telle déclaration ne relève pas d’une simple maladresse de langage : elle constitue une négation explicite du principe de subordination gouvernementale, pourtant consacré par la Constitution.

Dans l’ordre constitutionnel sénégalais :

le Président de la République désigne le Premier ministre,

détermine les grandes orientations de la politique nationale,

et le Gouvernement met en œuvre cette politique sous son autorité.

Ce lien n’est ni moral, ni subjectif, ni facultatif : il est juridique, organique et constitutionnel. Le Premier ministre ne tient sa légitimité institutionnelle que de cette délégation présidentielle. Contester cette réalité dans l’enceinte du Parlement revient à fragiliser l’État au sommet de sa hiérarchie exécutive.

Dès lors, lorsque le Premier ministre :

s’en prend frontalement à l’autorité du Chef de l’État,

se permet d’intervenir sur la politique étrangère, domaine réservé constitutionnellement au Président,

évoque de manière désordonnée des montants de milliers de milliards,

cite successivement le FMI, le cabinet Mazars, des rapports prétendument disparus, sans méthode, sans preuves claires ni cadre juridique précis,

il ne fait pas de la pédagogie d’État, il installe la confusion, le soupçon et l’instabilité dans l’opinion publique. Une telle communication, dans un pays confronté à de lourdes difficultés économiques et sociales, est politiquement dangereuse.

Sur le plan strictement politique, cette posture révèle une personnalisation excessive du pouvoir exécutif et une tentative manifeste de désolidarisation stratégique vis-à-vis de l’autorité présidentielle. Or, un Premier ministre ne peut ni se positionner comme un contre-pouvoir interne au sommet de l’État, ni construire sa légitimité contre celle du Président sans porter atteinte à l’équilibre institutionnel.

Sur le plan moral enfin, la situation est d’autant plus choquante que :

le peuple sénégalais traverse une fatigue sociale profonde,

le quotidien est marqué par la cherté de la vie, le chômage et les tensions économiques,

pendant que le Premier ministre se déplace à coups de millions en jet privé,

il était attendu de lui non pas des attaques politiques, mais des réponses concrètes, sobres et utiles sur les priorités nationales.

Le peuple n’attend pas : des règlements de comptes, des attaques voilées, ni des déclarations de rupture avec le Président de la République.

Il attend : de la responsabilité, de la loyauté institutionnelle, de la clarté et surtout des solutions.

En définitive, ce qui s’est produit à l’Assemblée nationale n’est pas un simple dérapage verbal. C’est un signal politiquement lourd, révélateur d’un trouble profond dans la compréhension même des fondements de l’État. Et lorsqu’un Premier ministre donne le spectacle de la contestation interne de l’autorité présidentielle, ce n’est pas une personne qu’il affaiblit : c’est la République elle-même."

Monsieur le Président Mr Bougar DIOUF
Union des Panafricanistes Sénégalais UPS 
Diomaye Président


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