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Ibrahima Pouye répond à Seydi Gassama : « La société civile éclaire ; elle ne préjuge pas »


Rédigé le Vendredi 27 Février 2026 à 21:51 | Lu 68 fois | 0 commentaire(s)



Les récentes déclarations de M. Seydi Gassama, relatives à la visite de l’ancien Président de la République du Sénégal, Son Excellence Macky Sall, au Burundi, ont relancé un débat sensible : celui de la frontière entre engagement pour les droits humains et intervention dans l’arène politique.


Selon le chroniqueur Ibrahima Pouye, « personne ne conteste que la voix des victimes mérite respect, écoute et considération. Personne ne nie que la justice est un pilier fondamental de toute démocratie. Mais dans un État de droit, la justice ne se rend ni sur les réseaux sociaux ni dans les déclarations militantes. Elle s’exerce devant des juridictions compétentes, sur la base de preuves, dans le respect de la présomption d’innocence et des garanties procédurales. » 

La question de la neutralité des organisations de défense des droits humains est au cÅ“ur du débat. « Lorsqu’un responsable de la société civile, affilié à une organisation internationale aussi prestigieuse que Amnesty International, adopte un ton perçu comme accusatoire à l’égard d’un ancien Chef d’État, la question n’est plus seulement morale : elle devient institutionnelle », rappelle Ibrahima Pouye. Selon lui, « la crédibilité d’une organisation mondiale repose sur un principe cardinal : la neutralité. » 

Le chroniqueur souligne que la neutralité ne signifie pas silence, mais « la rigueur, l’équilibre et la distance vis-à-vis des clivages politiques internes ». Il ajoute que « le Sénégal a une tradition démocratique reconnue. Ses institutions judiciaires, perfectibles comme partout ailleurs, demeurent souveraines pour qualifier les faits et établir les responsabilités. Suggérer, directement ou indirectement, une mise en cause internationale en dehors des voies procédurales normales peut être interprété comme une pression politique plutôt qu’une démarche strictement juridique. » 

Ibrahima Pouye insiste sur la nécessité de distinguer les niveaux d’action : « Le droit des victimes à être entendues – qui est incontestable. Le rôle des ONG de défense des droits humains – qui est d’alerter avec méthode et impartialité. La responsabilité des institutions judiciaires – seules habilitées à juger. Confondre ces niveaux fragilise la confiance du public et alimente une polarisation déjà vive. » 

Pour le chroniqueur, l’ancien Président Macky Sall, « qu’on le soutienne ou qu’on le critique, demeure une personnalité politique ayant dirigé le Sénégal pendant douze années. Les débats sur son bilan relèvent de l’analyse politique et du suffrage universel. Les accusations, elles, relèvent exclusivement du champ judiciaire. » 

Enfin, Ibrahima Pouye rappelle que « dans une démocratie mature, la société civile éclaire ; elle ne préjuge pas. Elle alerte ; elle ne condamne pas. Au moment où le Sénégal consolide son image internationale, il est impératif que chaque acteur politique, institutionnel ou associatif mesure le poids de ses paroles. La défense des droits humains doit rester un combat universel, au-dessus des contingences partisanes. Car au final, la justice durable ne naît ni de l’indignation, ni de la pression, mais de la vérité établie par le droit. »



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