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Désordre mondial : Le Sénégal face au réalisme ou à l’illusion (Par Abdoul Wahab Kâ, coordonnateur national de l'ADS et Administrateur civil principal C/E en retraite)


Rédigé le Lundi 2 Mars 2026 à 19:51 | Lu 57 fois | 0 commentaire(s)




L’assassinat du Guide suprême de l’Iran et de plusieurs de ses proches collaborateurs, n’est pas un simple fait divers géopolitique. C’est un signal. Un signal brutal d’un monde où la loi du plus fort tend désormais à s’imposer au mépris des principes du droit international. 

Depuis quelques temps, la confrontation stratégique entre grandes puissances s’est intensifiée. Sous l’administration de Donald Trump, les États-Unis ont assumé une logique de rapport de force frontal avec la Chine, puissance jugée économiquement rivale et militairement dissuasive. La guerre commerciale engagée contre Pékin, n’était pas qu’un différend tarifaire ; elle révélait une bataille plus profonde, pour la domination technologique, énergétique et civilisationnelle. 

Aujourd’hui, l’élimination ciblée de dirigeants comme le Guide suprême de l'Iran, les sanctions extraterritoriales et les pressions économiques, deviennent des instruments ordinaires de régulation des rapports internationaux. Le multilatéralisme recule. Le droit cède devant la puissance. 

Dans ce nouvel environnement, croire que le Sénégal serait hors du champ des recompositions stratégiques, relève de la naïveté. Notre position sur la façade atlantique, l’exploitation de nos hydrocarbures, l’intérêt croissant pour nos ressources minières stratégiques — notamment les terres rares — , nous placent objectivement sur la carte des intérêts globaux. 

Les tensions sur certaines voies maritimes et la fragmentation de l’ordre mondial accroissent les convoitises. Les États faibles ou divisés deviennent des terrains d’influence. L’histoire contemporaine en fournit suffisamment d’exemples. 

C’est ici que la question devient nationale. Face à un monde instable, notre plus grande vulnérabilité ne serait pas extérieure, mais intérieure. Les querelles politiciennes permanentes, les surenchères populistes et les ambitions personnelles surdimensionnées, affaiblissent notre capacité d’anticipation stratégique. 

Gouverner n’est pas entretenir une agitation "révolutionnaire" relevant  de l'illusion. Gouverner, c’est anticiper les risques, sécuriser les intérêts fondamentaux et consolider l’unité nationale. Toute autre posture verse  dans une hasardeuse improvisation, donc dangereuse. 

Les périodes de transition mondiale sont impitoyables pour les nations qui confondent slogans et stratégie. Le Sénégal doit choisir : la lucidité ou l’illusion, la cohésion ou la dispersion, la responsabilité ou l’aventure. Sous ce rapport, la responsabilité du président de la République, unique dépositaire de la  volonté du peuple, est totale et entière. 

Le monde se redessine sous nos yeux. Ceux qui ne s’y préparent pas, en paient toujours le prix. 






Adama Sall  (Saint-Louis)


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