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Assemblée nationale / Débat public : le respect des bâtisseurs, des investisseurs et l’honneur de la représentation nationale, exigés


Rédigé le Lundi 2 Mars 2026 à 21:27 | Lu 75 fois | 0 commentaire(s)




Je lève ma voix pour défendre la dignité du débat public, le respect des bâtisseurs, l’attention due aux investisseurs et l’honneur de la représentation nationale. Disons le haut et fort, quand la parole publique abdique, il y a une faute morale, une indignité républicaine et donc devoir de sursaut.

Il est des moments où le silence deviendrait une complicité. Il est des paroles qui, parce qu’elles sont prononcées dans l’enceinte même de la représentation nationale, engagent bien au-delà de leurs auteurs et appellent une condamnation morale ferme, nette et sans équivoque.

Ce qui s’est produit à l’Assemblée nationale ne relève ni du débat démocratique, ni de la vivacité parlementaire, ni même d’un excès de langage malheureux. Il s’agit tout simplement d’un manquement grave à l’éthique publique, d’une déchéance morale incompatible avec la dignité du mandat parlementaire. Lorsqu’un élu, incapable de répondre à une collègue sur le terrain des idées, choisit sciemment d’attaquer son père, il ne commet pas une maladresse : il franchit une frontière morale que nul représentant du peuple n’a le droit d’ignorer. Je refuse de l’ignorer donc j’élève ma voix.
Aucune divergence politique, aucune tension idéologique, aucune posture militante ne saurait justifier l’instrumentalisation de la filiation, l’atteinte à l’honneur familial ou l’humiliation personnelle. Un tel comportement constitue une rupture avec les fondements mêmes de la République, fondements qui exigent retenue, respect et sens aigu de la responsabilité — a fortiori dans un lieu censé incarner l’exemplarité.

Le dossier de Ndingler, agité de manière obsessionnelle par certains, ne peut servir d’alibi à cet effondrement moral. Les faits sont connus, établis et vérifiables. Une terre attribuée au terme d’un processus administratif, mise en valeur par un investisseur sénégalais, transformée en un pôle de production exemplaire au service de l’autosuffisance alimentaire. Voilà la réalité, loin du vacarme.

Cet investisseur est Babacar Ngom, fondateur de Sedima, figure majeure du secteur privé national et référence sous-régionale. Je ne défends pas une personne pour le plaisir de la défendre. Je campe un principe d’autant plus que je ne connais pas personnellement Babacar Ngom et je ne crois pas l’avoir déjà rencontré. Mais je sais ce que son parcours représente : le travail contre la démagogie, la production contre l’agitation, la durée contre l’improvisation.

Babacar Ngom est un homme qui a choisi le labeur, l’investissement et la dignité. Il a investi dans le pays et pour le pays, dans plusieurs secteurs stratégiques. Son engagement agricole n’est ni une aventure opportuniste ni un calcul politicien : il procède d’une vision, d’un patriotisme économique assumé.
Et à son sujet, Il faut ici rappeler un fait humainement lourd, que toute conscience honnête devrait méditer. Accablé par la répétition des attaques, Babacar Ngom avait pris la décision douloureuse d’arrêter ses activités et d’aller jusqu’à restituer les terres que les autorités lui avait régulièrement octroyées.

Voilà jusqu’où peut conduire l’irresponsabilité verbale : non à l’échec économique, mais à l’usure morale d’un bâtisseur national.

Et pendant que ce député de la majorité s’adonne à l’invective, la République, elle, a parlé avec gravité. En effet, le samedi 27 décembre 2025, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a élevé Babacar Ngom à la dignité de Grand-Croix de l’Ordre national du Lion, la plus haute distinction honorifique du Sénégal.

Par cet acte solennel, la Nation a salué une trajectoire et rendu hommage à un homme dont l’engagement au service du pays est reconnu au sommet de l’État. Dès lors, la faute morale commise par ce député n’en est que plus criante.
Il pouvait répondre politiquement à sa collègue Anta Babacar Ngom, il pouvait le faire fermement, sans concession mais il n’avait aucun droit moral d’insulter son père, encore moins un père que la République venait d’honorer. Cette dérive n’est pas un égarement éthique, c’est beaucoup plus. Quand on insulte Babacar Ngom, on insulte un père mais on insulte aussi le secteur privé national.

A ce député égaré, il faut redire avec force que le secteur privé national est une colonne vertébrale de la souveraineté économique. Il mérite protection, écoute et considération. Ceux qui siègent à l’Assemblée nationale auraient dû en être les défenseurs naturels, s’ils avaient pleinement compris et surtout incarné la mystique de leur mission au service de la Nation.

Je veux ici assumer une parole personnelle.
Je passe une part importante de mon temps hors du pays, non par désinvolture, mais pour maintenir à flot des entreprises sénégalaises frappées par une crise sans précédent, dans un contexte d’adversité parfois ouverte et flagrante. On m’accuse d’absentéisme sur les bancs de l’Assemblée. Mais pense-t-on un seul instant à mes lourdes responsabilités d’investisseur dans l’obligation de préserver un outil de travail, de payer des salaires, de garantir l’avenir de milliers d’employés au Sénégal et à l’étranger, eux aussi responsables du quotidien de milliers de familles durement éprouvées par la crise ?

À ces attaques, je n’ai jamais répondu par la parole blessante. Je n’y répondrai jamais autrement que par l’action, par la sauvegarde de la dignité de mes entreprises, de mes employés et de tous ceux et celles qui dépendent d’eux. C’est cela, la responsabilité. C’est cela, le patriotisme réel.

Pour ma part, je me suis toujours battu pour l’émergence d’un secteur privé national fort, structuré et uni. Aujourd’hui, face aux attaques répétées, aux incompréhensions et à ce climat délétère de crise, je lance un appel solennel pour la mise en place d’un cadre unitaire du secteur privé national : un espace de cohésion, de solidarité et de responsabilité collective, capable de renforcer notre voix, de protéger nos entreprises et de nous rendre à la hauteur de notre mission historique.

Les crises, dit-on, révèlent les faiblesses. Si elles ne montrent pas d’elles-mêmes le chemin de l’urgence, montrons que nous ne sommes pas de ceux qui détournent le regard. Unissons nos forces dispersées, élevons notre parole, consolidons notre action. Car la souveraineté ne se proclame pas : elle se construit, ensemble, dans la durée, par le travail et par la dignité.

Ce qui s’est produit doit être condamné sans réserve, non pour humilier, mais pour rappeler les bornes, restaurer la dignité du débat public et préserver l’honneur de la République.”

Abdoulaye Sylla, Investisseur,
Député à l’Assemblée nationale


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