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Cybersécurité : « Si les systèmes d’information s’arrêtent, c’est une crise nationale », alerte le DG de la Sécurité des systèmes d’information


Rédigé le Dimanche 13 Septembre 2026 à 16:53 | Lu 51 fois | 0 commentaire(s)




La cybersécurité ne se limite pas à la lutte contre les cyberattaques. Elle repose également sur la protection, l’intégrité et la disponibilité des données. Dans un contexte de transformation numérique accélérée, le Sénégal entend renforcer son dispositif pour préserver la continuité des services publics, la souveraineté numérique et la sécurité des citoyens.

Invité de l’émission « Point de vue » de la RTS, le colonel Aly Mime, directeur général du Chiffre et de la Sécurité des systèmes d’information, est revenu sur les enjeux liés à la cybersécurité au Sénégal, les menaces auxquelles le pays fait face et la nécessité de renforcer la protection des infrastructures numériques stratégiques.

La cybersécurité est devenue un enjeu stratégique pour les États. Selon le directeur général du Chiffre et de la Sécurité des systèmes d’information, elle repose sur trois principes fondamentaux : la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité des données.

« La première promesse, c’est de faire en sorte que les données que nous manipulons soient correctes et ne soient pas manipulées. La deuxième, c’est qu’elles soient confidentielles et réservées à ceux qui sont autorisés à y accéder. Et la troisième, c’est que lorsqu’on en a besoin, on puisse y accéder », explique-t-il.

La continuité des services publics, un enjeu majeur

Avec la transformation numérique, de plus en plus de secteurs dépendent des systèmes informatiques. Santé, énergie, eau, télécommunications, aviation ou encore services administratifs sont désormais fortement liés au numérique.

Pour  colonel Aly Mime, cette dépendance constitue à la fois une opportunité et un risque. Â« Si ces systèmes s’arrêtent, en fait, le pays s’arrête », prévient-il, estimant qu’une interruption majeure des infrastructures numériques essentielles pourrait vite se transformer en « crise nationale ». 

La continuité des services de l’État constitue ainsi l’un des principaux enjeux de la cybersécurité. Il s’agit notamment de garantir que les infrastructures critiques puissent continuer à fonctionner, même en cas de panne ou de cyberattaque.

Autre enjeu : la protection des données personnelles. Les informations bancaires, fiscales, les mots de passe et autres données sensibles représentent aujourd’hui une véritable mine d’or pour les cybercriminels. Une mauvaise protection de ces informations peut exposer les citoyens à plusieurs risques, notamment l’escroquerie et l’usurpation d’identité. Â« Les cybercriminels ont besoin de ces données. C’est une grande valeur pour eux », souligne-t-il. 

La cybersécurité est également liée à la souveraineté de l’État dans l’espace numérique. Pour le DG du Chiffre et de la Sécurité des systèmes d’information, les États doivent notamment savoir où sont stockées leurs données, qui peut y accéder et de quelles infrastructures ils dépendent.

Cette question rejoint celle de l’autonomie stratégique et de la souveraineté numérique portée par les politiques nationales de transformation digitale.

Dans une économie de services comme celle du Sénégal, la confiance constitue également un facteur déterminant. Le développement du commerce électronique, de la finance digitale et des services en ligne nécessite, selon lui, des garanties suffisantes en matière de sécurité.« Investir dans le commerce électronique ou même dans la finance digitale suppose d’avoir de la sécurité et de la confiance », explique-t-il.

Le développement d’une véritable économie de la cybersécurité fait également partie des objectifs évoqués.

Qui sont réellement les hackers ?

L’image du hacker solitaire, installé derrière son ordinateur dans une chambre, ne correspond plus à la réalité actuelle, selon le responsable.« Aujourd’hui, ce que nous avons en face, ce sont des groupes organisés », affirme-t-il. Il cite notamment des groupes criminels structurés autour du rançongiciel (ransomware), des réseaux d’escrocs ciblant les particuliers, mais aussi des acteurs liés à certains États. Ces derniers peuvent mener des opérations de sabotage, d’espionnage, de renseignement ou encore d’intelligence économique.

À cela s’ajoutent des groupes non étatiques, des organisations terroristes et des activistes qui utilisent également le cyberespace pour défendre leurs causes.

L’intelligence artificielle, un nouveau facteur de risque

Cette évolution intervient dans un contexte marqué par une dépendance croissante au numérique et par l’essor de l’intelligence artificielle.

Pour  colonel Aly Mime, l’IA contribue également à faire évoluer les menaces et les méthodes utilisées par les cybercriminels. Le cyberespace est désormais considéré comme un véritable champ de confrontation, au même titre que les espaces terrestre, maritime et aérien.

Face à cette évolution, la cybersécurité apparaît donc comme un enjeu qui dépasse largement le seul cadre informatique. Elle touche désormais à la protection des citoyens, à la continuité de l’État, à l’économie, à la souveraineté et à la sécurité nationale.



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