« Il est inadmissible que notre GNL quitte ici pour aller en Europe et qu’on nous le vende ici au prix du marché. Non. » Le Premier ministre, Al Aminou Lô, n’a pas caché son dépit, ce mardi, au sujet des discussions entre le gouvernement et BP, opérateur majoritaire du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA).
Selon le chef du gouvernement, l’État du Sénégal souhaite que le GNL soit vendu au prix de sortie du gisement, alors que la compagnie pétrolière défendrait une autre position.
« Les contrats étaient clairs. Les hydrocarbures contiennent le GNL. Et elles refusent. On va aller en arbitrage et tout le monde sait que l’arbitrage, c’est du temps », a-t-il déclaré, appelant par ailleurs la société civile à se saisir du dossier.
«BP doit être aux anges en entendant...»
Des propos auxquels Alioune Guèye, ancien directeur général de Petrosen et acteur des négociations avec les compagnies pétrolières ces dernières années, a vivement réagi.
« BP doit être aux anges en entendant la stratégie de négociation de Diomaye : dire que nous devons engager un bras de fer avec BP pour le GNL, ce qui est un droit inaliénable pour le Sénégal, tout en écartant ton atout le plus fort : l’arbitrage. Thiey Yalla ! », a-t-il répliqué.
Pour l’ancien DG, c’est au contraire BP qui aurait intérêt à éviter une procédure d’arbitrage. « C’est BP qui ne voudra pas aller en arbitrage pour la fourniture de gaz pour un pays, ne serait-ce que pour la raison réputationnelle », soutient-il.
Réplique sur la dette de Petrosen
Alioune Gueye a également contesté les arguments avancés sur la dette de Petrosen, qui s’est endetté auprès des compagnies pétrolières. Selon lui, la dette de la société a été contractée pour financer sa participation dans les projets pétroliers de GTA à hauteur de 10 %, et de Sangomar à hauteur de 18 %.
Il précise toutefois que « chaque dette est garantie seulement par les recettes futures de la joint-venture à laquelle elle est associée, donc pas de recettes, pas de remboursement ».
L’ancien directeur général affirme également qu’avant son départ, Petrosen avait déjà remboursé à Woodside 50 % d’une dette de 450 millions de dollars. Il dit aussi avoir finalisé les négociations permettant le remboursement à l’État du Sénégal de 250 millions de dollars au titre des Eurobonds.
« Le décaissement a eu lieu il y a une semaine. Nous étions en si bon chemin », déplore-t-il.







