La Coalition nationale pour une pêche durable (CONAPED) revient à la charge sur le dossier du dégel des licences de pêche démersale côtière. Réunis ce lundi 7 septembre 2026 à la Maison du pêcheur à Ouakam, les 15 organisations professionnelles de la pêche artisanale et industrielle demandent le retrait définitif de l’arrêté pris le 30 avril 2026 par l’ancienne ministre des Pêches, docteure Fatou Diouf et alertent sur les conséquences pour des ressources déjà sous pression.
Dans une déclaration, les acteurs de la (CONAPED) ont également réaffirmé leur opposition à toute mesure susceptible de compromettre la durabilité des ressources halieutiques.
Pour le chargé de la communication de la CONAPED, Mohamed Sylla, cet acte administratif, qui constitue une menace pour la préservation des ressources halieutiques, va à l’encontre des efforts pour une pêche durable.
« Nous prévenons les autorités sur tout acte qui peut déranger ou porter atteinte à la durabilité des ressources. Le démersal côtier est une espèce surexploitée », a-t-il déclaré, rappelant la position de la coalition. « Nous luttons pour une pêche durable, gérée de manière transparente et inclusive au bénéfice des populations sénégalaises ».
Il a toutefois salué l’initiative du Premier ministre, Al Aminou Lo, qui avait réuni les différentes parties prenantes à la primature pour échanger sur le dossier. «À l’issue de cette rencontre, il avait été décidé de surseoir à l’application de l’arrêté », a-t-il rappelé.
Mais pour les professionnels de la pêche, le problème juridique et administratif demeure entier. Pour le secrétaire général du Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (GAIPES) et membre de la CONAPED, Alassane Dieng, le fait de surseoir à l’application du texte ne signifie pas que celui-ci a disparu de l’ordonnancement administratif. « Un acte administratif reste un acte administratif tant qu’il n’y a pas un autre acte qui vient le retirer ou l’abroger », a-t-il insisté.
Selon lui, les conditions dans lesquelles le dégel a été décidé, notamment le manque de transparence, de concertation et d’arguments infondés posent problème. « Les membres de la CONAPED s’étaient insurgés à l’époque contre cette décision. C’est pourquoi nous alertons sur le risque de réactivation de cet arrêté », a-t-il expliqué, rappelant que le dégel des licences démersales côtières date de 2006, soit 20 ans de suspension.
La coalition demande donc aux autorités de procéder à l’abrogation formelle de l’arrêté du 30 avril 2026 pour garantir une gestion durable des pêches. « Nous sollicitons vraiment les autorités pour retirer cet acte, par exemple à travers l’élaboration d’un autre arrêté qui viendrait abroger celui du 30 avril 2026 », a plaidé Alassane Dieng.
La CONAPED dit rester mobilisée et suivre de près les prochaines décisions du gouvernement sur la gestion des ressources halieutiques. Elle invite ainsi l’État à prendre les mesures nécessaires pour éviter toute décision susceptible de compromettre la durabilité des pêches à l’horizon 2030.







