Selon le rapport 2024-2026 d’élaboration du projet, l’Histoire générale du Sénégal (HGS) est née de 45 ouvrages rassemblés en neuf volumes et couvrant cinq grands thèmes. Les fondements anciens, les formations politiques, les résistances, l’État colonial et les transformations de la société contemporaine. Dans un dossier consacré au sujet, Le Soleil est largement revenu sur le contenu de l’œuvre. Laquelle «s’inscrit dans une tradition épistémologique et heuristique éprouvée, héritière de trois grandes familles historiographiques [‘des massalik et des tarikhs’, ‘de la découverte’ et ‘dynastique’] qui ont, chacune à sa manière, décrit des moments de notre passé et produit des corpus de textes d’une grande valeur informative», souligne le coordonnateur du projet, Pr Mamadou Fall.
«Le premier volume est consacré aux fondements et aux héritages du Sénégal ancien, informe le journal. Il rassemble les recherches sur les premiers peuplements, les mégalithes, les tumuli, les amas coquillers et les productions matérielles des civilisations sénégambiennes. Les rapports entre l’Égypte ancienne et l’Afrique noire, ainsi que les sources endogènes, doivent y être intégrés», suggère Le Soleil; l’objectif étant, complète le rapport, «de replacer le Sénégal dans le temps long des civilisations africaines».
Le deuxième volume porte sur la construction politique et territoriale du pays entre le 10e et le 16e siècle. «Il analyse le passage du système des Lamanes (maîtres de la terre) aux royautés et la formation progressive des espaces de pouvoir», précise le quotidien national.
La troisième partie traite des dynamiques régionales et des ressources économiques entre le 13e et le 19e siècle. Le sel est au cœur du chapitre : «Cette ressource relie les régions sahéliennes, les zones côtières et les circuits commerciaux de longue distance», signale le rapport.
Le quatrième volume scrute les bouleversements politiques des 16e et 17e siècles. «Le cinquième regroupe les études sur les résistances, les épreuves et le renouveau religieux entre 1815 et 1914, reprend Le Soleil. La conquête coloniale y est racontée à partir des réponses apportées par les sociétés sénégalaises. Maba Diakhou Bâ, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, Serigne Koki Ndiaga Isseu Diop, Moussa Momo et plusieurs figures de la Casamance y occupent une place importante. L’expansion de la Tijaniyya et la naissance de la Muridiyya montrent que le 19e siècle est aussi une période de profonde recomposition spirituelle et sociale.»
Le sixième volume se penche sur le système colonial, ses rouages et ses acteurs, entre 1854 et 1920. «Il étudie les fonctionnaires, les auxiliaires civils, les militaires et les paramilitaires africains employés par l’administration française», détaille le journal.
La même source rapporte que le septième volume aborde «les crises sociales et les mémoires militaires entre 1930 et 1960. La grève des cheminots de Thiès de 1938, le massacre de Thiaroye, la participation à la Seconde Guerre mondiale et l’engagement des tirailleurs en Indochine y sont réunis».
Le huitième chapitre porte sur «la construction de l’État, les infrastructures et les conquêtes démocratiques» tandis que le neuvième et dernier volume scrute «les cultures, les identités et les traditions intellectuelles»; «l’œuvre de Cheikh Anta Diop y est présenté comme une contribution déterminante au renouvellement de la pensée historique africaine», signale Le Soleil.







