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Bijoutiers en colère : Quatre cambriolages en trois mois, un artisan tué, le secteur en état d’alerte


Rédigé le Dimanche 25 Octobre 2026 à 01:00 | Lu 137 fois | 0 commentaire(s)




Après quatre attaques visant des ateliers à Guédiawaye, Tivaouane, Louga et à la ZAC Mbao, les bijoutiers dénoncent une série criminelle et réclament des mesures de sécurité urgentes. En sit-in et boutiques fermées, ils réclament justice pour leur confrère Mouhamadou Khabane Guèye, tué lors du cambriolage de son atelier à la ZAC Mbao.

La colère est à son comble chez les bijoutiers du Sénégal. Entre indignation, inquiétude et douleur, les professionnels du secteur ont décidé de baisser leurs rideaux pour dénoncer la multiplication des cambriolages ciblant leurs ateliers. La mort tragique de leur confrère Mouhamadou Khabane Guèye, tué lors d’une attaque contre son lieu de travail à la ZAC Mbao, a accentué leur mobilisation. À travers cette journée de deuil et de protestation, les bijoutiers entendent interpeller les autorités sur les risques auxquels ils sont confrontés dans l’exercice de leur métier. 

« Nous avons baissé nos rideaux, nous avons fermé nos boutiques. C’est une journée d’indignation, mais aussi une journée de prière à l’endroit de feu Mouhamadou Khabane Guèye », explique Moussa Niang, coordonnateur du Collectif des Bijoutiers du Sénégal. Pour lui, ce drame constitue un cri d’alarme qui ne peut plus être ignoré. Les professionnels réclament justice pour leur confrère, mais aussi une meilleure sécurisation de leurs boutiques et de leurs outils de travail.

‎Quatre ateliers attaqués en trois mois : les bijoutiers réclament des mesures urgentes

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‎Dans un mémorandum daté du 22 octobre 2026 et adressé aux ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, le collectif fait état de quatre ateliers de bijouterie ciblés en l’espace de trois mois. Les attaques auraient été enregistrées à Guédiawaye, Tivaouane, Louga et à la ZAC Mbao.

Selon le document, les malfaiteurs opéreraient suivant un mode opératoire similaire : effraction nocturne, ouverture de passages dans les murs arrière, défoncement des coffres-forts et vol d’or et d’autres métaux précieux.

Le collectif s’inquiète également de l’escalade de la violence, qui a coûté la vie à Mouhamadou Khabane Guèye. « Ce que nous voulons, c’est un environnement de paix pour pouvoir travailler dignement, gagner notre vie dignement et contribuer à l’économie de ce pays », plaide Moussa Niang. 

Les bijoutiers estiment être particulièrement exposés aux attaques criminelles en raison de la nature de leurs activités et des métaux précieux qu’ils manipulent quotidiennement. Ils disent désormais travailler dans la peur et redoutent de nouvelles agressions.

‎Une enquête centralisée et une audience urgente réclamées

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‎Face à cette situation, le Collectif des Bijoutiers du Sénégal demande l’ouverture d’une enquête judiciaire centralisée afin d’établir d’éventuels liens entre les quatre affaires et d’identifier les auteurs ainsi que leurs commanditaires. Il réclame également un renforcement des patrouilles nocturnes autour des ateliers et des marchés où les bijouteries sont fortement concentrées.

Une audience urgente avec les autorités compétentes est aussi sollicitée pour exposer leurs préoccupations et partager les informations dont disposeraient certains collègues victimes de cambriolages.

‎Moussa Niang appelle, pour sa part, à un dialogue avec les services de sécurité et de justice. Il souhaite que les professionnels puissent bénéficier d’orientations concrètes sur les moyens de protection adaptés, notamment l’installation de caméras de surveillance et les conditions légales relatives au port et à la détention d’armes.

Concernant l’enquête sur le meurtre de leur confrère, le coordonnateur se montre prudent. « Nous ne pouvons pas nous prononcer sur l’état de l’enquête. Elle suit son cours. Ce que nous pouvons dire, c’est que nous avons totalement confiance en notre justice », affirme-t-il.

Le collectif souhaite ainsi établir un cadre de partenariat avec les services de sécurité et de justice afin de prévenir de nouvelles attaques et de mettre fin à cette série de cambriolages. « Aujourd’hui, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », déplore Moussa Niang, qui réitère ses condoléances à la famille biologique du défunt, à ses collègues et à sa clientèle.

Pour les bijoutiers, l’enjeu dépasse désormais la protection de leurs marchandises et de leurs ateliers. ils réclament le droit d’exercer leur profession sans craindre pour leur vie.



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