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Viol avec torture de Mégane à Cherbourg : Oumar Ndiaye condamné à 30 ans de prison


Rédigé le Vendredi 13 Mars 2026 à 19:43 | Lu 57 fois | 0 commentaire(s)




Oumar Oumar Ndiaye, 21 ans, a été condamné ce jeudi 12 mars 2026, par la cour d’Assises de la Manche, à une peine de 30 ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté de 20 ans, pour le viol de Mégane avec torture ou acte de barbarie à Cherbourg (Manche), en août 2023. L’audience s’est déroulée à huis-clos, à Coutances, pendant deux jours. Ni l’avocate de l’accusé, Me Kian Barakat, ni l’avocate de Mégane, Me Catherine Besson, n’ont répondu à nos sollicitations. 

La vie de Mégane, mais aussi celle de toute une famille, a volé en éclats, le vendredi 4 août 2023. Ce matin-là, la jeune femme de 29 ans habitant seule au deuxième étage d’un immeuble du centre-ville, est réveillée aux alentours de 8h, par quelqu’un qui tambourine à sa porte. La jeune femme pense qu’il s’agit d’un voisin qui s’est trompé de porte, comme cela arrive parfois. Elle ouvre sans se méfier. 

Son agresseur, qu’elle avait déjà aperçu mais ne connaissait pas, se rue sur elle, puis la frappe au visage et sur tout le corps. Il la viole ensuite à plusieurs reprises, en utilisant notamment un manche à balai de 75 centimètres. La victime se voit mourir. Avant de prendre la fuite, son agresseur prend soin de lui donner une fausse identité, puis lui lance : «Si tu parles, je te tue». Oumar Ndiaye serait déjà venu frapper à la porte de l’appartement de Mégane, sans raison, quatre mois avant les faits. 

Pourtant grièvement blessée, Mégane - employée dans une structure prenant en charge des personnes handicapées - prend la peine de prévenir par message sa collègue, qu’elle ne pourra pas venir travailler. Puis elle téléphone aux pompiers et, est transportée aux urgences. Les médecins diagnostiquent chez la victime une perforation du colon, de l’intestin grêle, du péritoine et du diaphragme, un pneumothorax, des fractures aux côtes et un risque élevé de choc septique. Choqués par la gravité des blessures, certains membres du personnel hospitalier de Cherbourg sont émus aux larmes. Les chirurgiens et le service de réanimation parviennent à lui sauver la vie. Opérée pendant six heures, Mégane est plongée dans un coma artificiel, dont elle sortira environ un mois plus tard. 

Ni empathie ni remords 

Alors âgé de 18 ans, Oumar Ndiaye, avait été interpellé chez sa mère, à Cherbourg, une semaine après le crime. Un fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) avait permis d’associer son identité à une trace papillaire retrouvée sur une porte chez la victime. Autre indice : la géolocalisation de son téléphone portable. Le 4 août 2023 au matin, il sortait d’une discothèque du centre-ville de Cherbourg, située à quelques dizaines de mètres du domicile de la victime. 

En garde-à-vue, le suspect n’avait exprimé ni empathie pour la victime ni remords. «Un comportement de psychopathe», confiait au "Figaro", une source proche du dossier, à l’époque des faits. Oumar Ndiaye avait déjà été condamné à cinq reprises par le juge des enfants et le tribunal pour enfants, pour des faits d’atteinte aux biens et de violences. Une vidéo postée en 2023 par une ex petite amie sur TikTok, laissait penser qu’il avait pu la violenter. La jeune fille y apparaissait avec un visage tuméfié et des bleus sur le corps. 

Oumar Ndiaye était également connu de la justice, pour des faits de nature sexuelle. «Une procédure de viol sur mineur initiée en 2019, a été classée sans suite par le parquet en 2020, au motif que l’infraction n’était pas suffisamment caractérisée. Et une procédure d’agression sexuelle à l’encontre de sa sÅ“ur, est actuellement en cours d’enquête, sans qu’il ne soit possible à ce stade de déterminer si ces faits sont ou non établis», indiquait dans un communiqué, le parquet de Coutances, après le crime. 

Les faits de viol de 2019, classés sans suite, auraient eu lieu au sein d’un internat socio-éducatif médicalisé et la tentative d’agression sexuelle sur sa sÅ“ur de 12 ans en 2022, selon une source policière au "Figaro". Selon nos informations, une association d’aide à l’enfance avait mis à l’abri la fillette chez son père, séparé de la mère des enfants. 

Malgré ces condamnations, Oumar Ndiaye n’avait jamais fait de prison et avait été placé dans des centres socio-éducatifs. À sa majorité, le suspect était revenu vivre chez sa mère, dans un quartier populaire de Cherbourg, quelques mois avant le crime. DésÅ“uvré, il passait l’essentiel de son temps à fumer du haschich en bas de son immeuble avec son groupe d’amis. Plusieurs habitants affirment qu’il urinait et déféquait régulièrement dans la cage d’escalier. Selon leurs dires, il sifflait aussi des voisines et n’hésitait pas à frapper sa propre mère durant ses accès de colère. 

La difficile reconstruction de la victime 

De son côté, Mégane est retournée vivre chez sa mère, après sa sortie de l’hôpital. La jeune femme a dû subir plusieurs opérations après son agression, prend désormais des antidépresseurs et, est suivie sur le plan psychologique et psychiatrique. Elle se souvient de chaque seconde de sa terrible agression, fait des cauchemars récurrents où elle revit le crime et a développé des troubles de la mémoire et de l’attention. Depuis les faits, Mégane ne sort plus jamais seule et ne souhaite pas remettre les pieds à Cherbourg. Lors de ses rares sorties, Mégane reste sur le qui-vive et pense régulièrement croiser son agresseur, comme une menace permanente qui plane. 

Les médecins lui ont fait comprendre qu’elle devrait «se reconstruire une autre vie». «En commettant cet acte, il l’a privée de tout. Elle aimait le sport, elle ne peut plus en faire. Elle aimait son travail, elle ne peut plus y aller. Les soirées, c’est fini. Elle n’a plus envie de rien. Elle ne voit plus ses amis ou ses collègues», confiait sa mère, Sandrine, au "Figaro", en avril 2024. «On la voit souffrir tous les jours. Elle se bat pour s’en sortir, mais c’est difficile», résumait Sandrine. 

En pleine tempête, les parents de Mégane ont néanmoins pu compter sur la mobilisation de 4500 anonymes qui, bouleversés par la barbarie du crime, ont participé à une cagnotte en ligne. Lors de notre rencontre en avril 2024, le père de Mégane, Ludovic, déplorait le silence assourdissant de l’exécutif et des féministes. «On n’a pas eu un seul coup de fil du gouvernement ou des députés du coin, pour ma gamine. Rien. Et les féministes, on ne les a pas entendues non plus. Tout le monde s’est écrasé pour ne pas faire de vagues», déplorait-il. 

«J’ai beaucoup de tristesse pour ma gamine. J’ai toujours la haine, ce sera toujours là. Si son agresseur avait été en taule, comme il aurait dû l’être, ça ne serait pas arrivé. J’attends le procès pour le regarder dans les yeux, je ne baisserai pas la tête», poursuivait le père de Mégane. Un souhait qu’il n’a pas pu mettre en application. 

Aujourd’hui en froid avec sa fille et son ex-femme, Ludovic n’a pas été «autorisé» à assister au procès. «Mon absence à l’audience fait suite à la demande de ma fille, qui estime que ma présence n’est plus nécessaire. En tant que père, j’ai fait de mon mieux pour soutenir Mégane durant les longs mois qui ont suivi son agression. Aujourd’hui, j’éprouve le sentiment douloureux d’avoir été mis de côté», a-t-il écrit sur son compte Facebook, mercredi. 

 


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