Dans son rapport lancé ce mardi 21 avril 2026 à Dakar, Amnesty International a alerté sur l'aggravation des discriminations et des violations des droits humains touchant particulièrement les personnes migrantes, les « minorités racisées » et les femmes à l'échelle mondiale.
Selon l'organisation, de nombreux États ont durci leurs politiques d'asile et d'immigration en 2025, souvent au mépris du droit international. Des expulsions massives et des renvois forcés ont été observés dans plusieurs régions du monde, notamment aux États-Unis, en Europe, en Iran ou encore au Pakistan. Ces mesures affectent particulièrement les personnes réfugiées, qui sont parfois renvoyées vers des pays où leur sécurité n'est pas garantie.
Le rapport d'Amnesty International a également mis en lumière un racisme systémique dans les politiques migratoires. Héritées en partie de la colonisation et de l'esclavage, certaines pratiques continuent de discriminer les populations racisées. Amnesty International dénonce notamment l'utilisation de technologies numériques aux frontières qui renforcent ces discriminations. Le document souligne, par ailleurs, l'augmentation des crimes de haine dans plusieurs pays, alimentés par des discours politiques stigmatisants.
L'organisation a aussi alerté sur la vulnérabilité accrue de certains groupes, notamment les personnes déplacées en raison du changement climatique. « Très peu de pays proposent des voies légales et sûres pour leur migration, obligeant ces populations à emprunter des parcours dangereux et discriminatoires. Les femmes, les personnes pauvres, âgées ou en situation de handicap sont parmi les plus touchées par ces inégalités », rapporte le document.
Seydi Gassama et ses collaborateurs ont également mis en lumière la persistance des violences basées sur le genre à travers le monde. Dans certains pays comme l'Afghanistan, des restrictions extrêmes privent les femmes de leurs droits fondamentaux, notamment l'accès à l'éducation et à l'emploi. Dans d'autres régions, les féminicides restent à un niveau alarmant, tandis que les dispositifs de protection sont parfois affaiblis, voire supprimés.
Face à cette situation, Amnesty International appelle les États à agir de toute urgence. L'organisation recommande notamment : la réforme des systèmes migratoires discriminatoires, la protection des personnes déplacées par le climat, la lutte contre le racisme structurel et le renforcement des politiques de lutte contre les violences de genre.








