Le FMI ne peut pas avoir un programme avec ou sans financement avec un pays s’il considère que sa dette n’est pas soutenable selon la grille de lecture du FMI et de la Banque Mondiale.
Nous avons défendu mon collègue du budget et moi-même pendant 2 ans que notre dette était soutenable et n’avait pas besoin de réduction de stock, que la charge d’intérêts dans le budget n’était pas le sujet, que le coût moyen de la dette du Sénégal était raisonnable, que la consolidation budgétaire était en cours et qu’à l’horizon 2036 la dette et ses indicateurs passeraient sous les seuils qui par ailleurs n’étaient même pas pertinents pour le Sénégal.
Le rapport macroéconomique de Mars 2026 du MEPC avait détaillé tous ces arguments avec un cadrage macroéconomique 2026-2036. Nous verrons ce que la LFR et la LFI en ont fait.
Dans une interview sur Jeune Afrique, la Chef de mission du FMI, Vera Mercedes a indiqué:
1) “Le FMI n’a pas besoin que le traitement de la dette dans le cadre commun du G20 soit définitivement résolu pour avancer sur le programme du FMI. En revanche, nous avons besoin des assurances de financement de la part des créanciers officiels”.
2) “L’accord est fondé sur l’engagement des autorités à mettre en place un traitement de la dette permettant de restaurer sa soutenabilité. Les autorités ont étudié différentes options et ont annoncé un traitement de la dette dans le cadre du G20. Nous travaillons sur cette étape et nous accompagnerons les autorités”.
“RESTAURER sa soutenabilité” nous dit-on et que ce sont les autorités qui ont choisi le cadre commun qui nécessite “une égalité de traitement” des créanciers pour RÉTABLIR la viabilité de la dette parmi plusieurs options.
Il y a une incohérence. Il faut choisir. Soit la dette n’est pas soutenable auquel cas le Sénégal ne peut pas avoir de programme avec le FMI d’où le cadre commun. Soit elle est effectivement viable et que le choix du cadre commun n’est pas nécessaire et seules les assurances de financement et les mesures correctives du misreporting sont nécessaires dans le cadre d’un programme pour qu’elles soient crédibles. Ceci a également déjà été discuté de long en large.
La gestion de la dette dans le cadre d’une stratégie d’endettement bien pensée, et que nous avons mise en œuvre ces deux dernières années et devons continuer à mettre en œuvre, est la voie. Le FMI va nous accompagner sur cette voie, il semble, avec un financement à l’appui. Il faut le présenter tel quel.”







