Diego Maradona est décédé d’un événement "soudain" et "imprévisible", qui ne pouvait être anticipé dès lors que son cœur était en bon état, a affirmé jeudi un cardiologue au procès sur la mort en novembre 2020 de l'idole du football argentin
Le Dr Ricardio Iglesias est l'un des derniers témoins cités par la défense, au procès de sept professionnels de santé pour de potentielles négligences fatales, lors de la convalescence de Maradona après une neurochirurgie bénigne.
Le procès, entamé mi-avril et dans sa 43e journée d'audience jeudi, entre dans sa dernière ligne droite. Réquisitoires et plaidoiries de la défense et des parties civiles devraient débuter le 8 octobre.
Les experts médicaux entendus ces dernières semaines ont offert l'image de thèses totalement antagoniques: ceux qui estiment que divers signaux cliniques auraient dû alerter l'équipe en charge de l'hospitalisation à domicile de Maradona, et ceux qui considèrent au contraire que rien n'aurait pu permettre de prédire ou éviter son décès.
Pour le Dr Iglesias, Maradona, 60 ans, "a eu un événement aigu dû à une arythmie, c’est pour cela qu’il est mort. Les événements aigus soudains sont imprévisibles et il n’y avait aucun élément permettant d’annoncer une fin de ce type".
Il s'est notamment inscrit en faux contre l'hypothèse, évoquée par d'autres experts, selon laquelle Maradona avait subi une agonie prolongée -plusieurs heures- avant d'être découvert mort sur son lit le matin du 25 novembre.
Maradona, selon lui, ne présentait pas de pathologie cardiaque active en 2020, et l’arrêt de consommation de substances toxiques qui lui avaient occasionné un accident en 2000, avait permis un retour du coeur à son état antérieur.
"Le cœur est absolument normal. Je ne trouve aucun élément permettant de soutenir qu’il y a eu situation d’agonie prolongée", a insisté le cardiologue. Il faisait partie de la commission médicale pluridisciplinaire formée par la justice en 2021 pour enquêter sur le décès de Maradona, mais avait émis un avis en dissidence avec ses conclusions.
Avant lui avait déposé Jose Antonio Maya, un médecin interniste spécialiste de maladies complexes, cité par le principal accusé, le médecin de confiance d'alors de Maradona, Leopoldo Luque.
Dans le même sens, il a rappelé que Maradona avait eu maintes évaluations cardiologiques avant ses diverses opérations, qui "avaient établi un risque anesthésique (dit) ASA 2 (faible, NDLR). Ce n’était pas un patient à risque cardiaque".
Les accusés (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) encourent jusqu'à 25 ans de prison.








