La sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla, qui a tenu des propos racistes à l’encontre de Kylian Mbappé après la victoire des Bleus contre l'Albirroja (1-0) dimanche, n’en est pas à son coup d’essai. La politicienne de 61 ans est une habituée des polémiques dans son pays.
Des attaques inacceptables. Dimanche 5 juillet, peu après la victoire de l'équipe de France contre le Paraguay en 8e de finale de la Coupe du monde, une sénatrice de ce pays d’Amérique du Sud a perdu ses nerfs en publiant plusieurs messages racistes à l’encontre de Kylian Mbappé. S’en est suivie une passe d’armes entre le capitaine des Bleus et la politicienne de 61 ans, habituée des polémiques dans son pays. Emmanuel Macron a soutenu Kylian Mbappé tandis que son homologue paraguayen s’est désolidarisé des propos de la sénatrice.
Membre du parti libéral radical authentique, positionné au centre-droit sur l’échiquier politique paraguayen, Celeste Amarilla est une politicienne reconnue dans son pays. Mais pas toujours pour les bonnes raisons. Après avoir d’abord qualifié Kylian Mbappé de «Camerounais s’efforçant désespérément de passer pour un Français» et estimé qu’il ne «savait pas écrire», qu’il «tétait des noix de coco» ou que les êtres les plus instruits qu’il a côtoyés étaient «des chimpanzés», la sénatrice s’est attirée les foudres de l’opinion publique, y compris au Paraguay.
Suite à la réponse du capitaine de l’équipe de France, qui a dénoncé une femme «méprisable et indigne de sa fonction» qui ne «représente pas le Paraguay» avec son «racisme décomplexé» Celeste Amarillo en a remis une couche - malgré la suppression de son premier message polémique - accusant Kylian Mbappé de «sexisme», de «mépris» et d’«arrogance» dans une lettre ouverte, avant de le menacer de poursuites judiciaires pour «violence de genre». Elle doit également tenir une conférence de presse ce mardi devant les médias de son pays.
habituée des polémiques
Malgré l’extreme gravité de ses propos, la sénatrice et avocate de formation est pourtant une personnalité publique importante au Paraguay. Celle qui est connue pour être la veuve de Franklin Boccia, député de 1998 à 2003 et célèbre pour avoir lutté contre la dictature d’Alfredo Stroessner, renversé par un coup d’État en 1989, a été élue députée en 2018 dans le district de la capitale Asuncion. Après avoir brièvement occupé le poste de secrétaire à l’Enfance, aux Sports et à l’Action sociale, elle est restée députée cinq ans avant d’être élue sénatrice en juin 2023.
Un mandat de cinq ans marqué par une suspension de ses fonctions et de son salaire pendant deux mois en 2020 après s'être rendue coupable d'«allusions irrespectueuses faites avec une intention malveillante ou des motifs illégitimes à l’égard des membres de la Chambre». Celeste Amarilla avait affirmé qu'environ 70 parlementaires avaient obtenu leur poste de manière douteuse, les accusant d'avoir acheté leur siège avec de l'argent sale, provenant notamment du trafic de drogue.
En 2022, des sanctions avaient été demandées à son encontre par un parti rival pour condamner ses «déclarations répétées, menaces et attaques» qui «portent atteinte aux principes républicains, dénigrent la dignité des membres du Congrès et violent l'intégralité du code disciplinaire lié à sa fonction». Elle avait même été accusée d'avoir acheté son siège pour 200.000 dollars (environ 175.000 euros) et d'avoir versé des pots-de-vin pour remporter des appels d'offres concernant la fourniture de repas scolaires.
Le président paraguayen se désolidarise
Personnage médiatique, Celeste Amarilla est également connue pour figurer parmi le top 5 des sénateurs les plus fortunés du pays - plus de 3,2 millions d’euros, selon le Contrôleur général de la République du Paraguay - et pour d’autres propos polémiques. «On me demande souvent si je suis la grand-mère de Larissa Riquelme (une mannequin paraguayenne). Ce petit corps continue de faire tourner les têtes», a-t-elle notamment déclaré lors d’une séance au Sénat au mois de juin.
Face au tollé suscité par ses propos racistes contre Kylian Mbappé, le président du Paraguay et le ministère des Affaires étrangères du pays se sont désolidarisés de ces attaques pour éviter l'incident diplomatique. De son côté, le capitaine des Bleus a reçu le soutien d'Emmanuel Macron, de la ministre des Sports ainsi que de la Fédération française de football (FFF), qui a procédé à un signalement au parquet.








