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NOTRE AMINATA SOW FALL NATIONALE, VICTIME DE SPOLIATION FONCIÈRE, PAR MAMADOU OUMAR NDIAYE


Rédigé le Vendredi 3 Juillet 2020 à 23:48 | Lu 117 fois | 0 commentaire(s)



Accaparée par ses multiples activités et se disant que, de toutes les façons, ce projet conçu pour sa retraite pouvait attendre, notre distinguée compatriote a commis l’erreur de négliger son terrain de Sangalkam.


Accaparée par ses multiples activités non seulement au Sénégal mais également dans d’autres continents et se disant que, de toutes façons, ce projet conçu pour sa retraite pouvait attendre, notre distinguée compatriote avait commis l’erreur de négliger son terrain de Sangalkam.

C’est une parente qui, au détour d’une conversation, un jour, lui a demandé : « mais, ma tante, est-ce que tu as songé à sécuriser ton bien immobilier ? La zone où il se trouve fait l’objet de fortes convoitises et de beaucoup de spéculations foncières ! ». Mme Aminata Sow Fall ne se le fait pas dire deux fois. Elle se rend à la mairie de Sangalkam pour essayer de régulariser son terrain. On était en 2016, soit 46 ans après l’achat du terrain.

Première tuile et première grosse douche anglaise. Ses interlocuteurs lui disent que c’est bien faisable mais à condition qu’elle renonce à la moitié du terrain au profit de la mairie ! Elle tique mais, n’étant pas trop obnubilée par les richesses matérielles, elle accepte cette proposition étrange et…scandaleuse. Ce, sur un terrain dont la superficie a été réduite comme une peau de chagrin par eux, puisque, de sept hectares, ces bons messieurs de la mairie lui ont dit que son bien faisait en réalité 4 hectares, 75 ares et 17 ca.

La proposition indécente acceptée, la mairie consentit à régulariser le terrain par un protocole d’accord numéro 007P/SANG/16. Ce n’est pas tout puisqu’elle a exigé, la commune, un paiement de quatre millions sept cent cinquante mille (4.750.000) francs que Mme Aminata Sow Fall a effectué en date du 13 juin 2016, avec la quittance de paiement numéro 0000136 Bornage Numéro 266. Les gens de la mairie s’étaient engagés à prendre en charge les frais de remblai, de terrassement et de bornage mais ils n’en ont rien fait, bien sûr.

Abracadabra, vous n’avez plus de terrain, madame !

Toujours est-il qu’en juillet de la même année 2016, ils ont délivré à notre icône des Lettres, une délibération parcellaire pour 94 parcelles. Hélas sans l’aval du sous-préfet adjoint de Sangalkam, M. Marcel Mbaye Thiaw. Le fils de Mme Aminata Sow Fall réussit à rencontrer le chef du Service des Domaines de Rufisque, qui lui a fait comprendre que la délibération et les plans de la mairie de Sangalkam n’étaient pas aux normes.

Par la suite, il obtient une audience avec le maire, c’est-à-dire le ministre Oumar Guèye, qui lui demande de faire établir un plan cadastral par un géomètre agréé. Quelques mois après, la propriétaire se voit demander de faire réaliser le bornage des parcelles sur le site. Ce qu’elle fait à ses frais. Après un an d’attente, la mairie produit enfin une nouvelle délibération en date du 16 octobre 2018.

Le document dit ceci : « Est adopté le projet de lotissement « ilot A. S. F. » initié par le maire de la commune de Sangalkam dans le village de Ndiobène (Noflaye) dénommé « ilot Aminata Sow Fall » sur une superficie de 2 ha, 16 a, 33 ca conformément au plan joint en annexe ». Hourrah ! Hélas, nouvelle douche froide pour la patronne du CAEC et du Cirlac !

En effet, alors qu’elle croyait être au bout de ses peines, le sous-préfet de Sangalkam a, au mois d’août dernier, refusé d’approuver la délibération du Conseil municipal dirigé par le ministre Oumar Guèye. Motif : « Le terrain se trouve dans le Pôle urbain de Diack-Sao Bambilor (Noflaye) objet du TF 11361/r ». Autrement dit, Mme Aminata Sow Fall s’était proprement fait déposséder de son terrain ! Elle n’avait plus rien…

Révulsée par cette injustice, cette extorsion dont elle venait d’être victime, elle prend sa (très belle) plume pour écrire au président de la République afin de lui expliquer ce qui lui était arrivé et en appeler à son arbitrage.

Quelques semaines plus tard, au cours d’une cérémonie à la Présidence, le président de la République, apercevant Mme Aminata Sow Fall, est venu vers elle pour lui présenter ses vœux. Puis, sans qu’elle lui ait dit quoi que ce soit, lui a assuré en substance ceci : « J’ai reçu votre lettre, madame, mais soyez sans crainte : votre terrain vous sera rendu intégralement ».

Parole de président de la République ! Effectivement, il a tenu promesse puisque, le 09 janvier dernier, le maire Oumar Guèye a reçu, en ses bureaux alors sis à Dieuppeul, Aminata Sow Fall et son fils pour leur réitérer que leur bien foncier leur sera restitué, d’abord parce qu’il n’était même pas sûr que ces pôles urbains (pour la réalisation desquels la grande dame a été « expropriée ») verront le jour mais surtout, en raison de ce que l’auteure de « La grève des battù » représente pour la Nation.

Une dame qui a englouti tout ce qu’elle gagne depuis bientôt 50 ans en tant que « visiting professor » aux USA, ses droits d’auteur et l’argent qu’elle perçoit dans les conférences qu’elle donne sur les cinq continents, dans ses projets culturels. Eh bien, depuis son audience avec le ministre Oumar Guèye du 09 janvier 2020, c’est silence radio du côté du ministre-maire.

Et Aminata Sow Fall n’a plus jamais eu de nouvelles de ce terrain dont elle a été dépossédée. Comme quoi, le président de la République a beau donner des instructions « fermes », les forces d’inertie sont encore plus puissantes que sa parole ou son autorité. Mais quand même, faire ça à une fierté nationale comme Aminata Sow Fall… Tout fout le camp !





Mamadou Oumar Ndiaye Le témoin
 
 


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