Le Port autonome de Dakar (PAD) confirme son rôle de moteur de l'économie sénégalaise. Une étude présentée lors d'un atelier de restitution sur la contribution de l'écosystème portuaire au Produit intérieur brut (PIB) a révélé que l'ensemble de l'écosystème portuaire représente 19 % du PIB national, soit une empreinte économique estimée à 3 656 milliards de francs CFA en 2024.
​L'étude a également mis en évidence le poids stratégique du secteur portuaire dans l'économie nationale. Principal point d'entrée et de sortie des échanges commerciaux, le Port autonome de Dakar concentre 90 % des activités portuaires du Sénégal. Depuis sa création en 1926, son trafic n'a cessé de progresser, passant de 10 millions de tonnes en 2012 à 24 millions de tonnes en 2024. Sur la même période, son chiffre d'affaires a presque doublé, passant de 40 milliards de FCFA en 2015 à 77 milliards de FCFA en 2024.
​Une méthodologie basée sur le multiplicateur keynésien
​La méthodologie repose sur la décomposition de l’écosystème en quatre niveaux d'activité : les activités directes, les activités directes élargies, les activités indirectes et les effets induits. Elle utilise le « multiplicateur keynésien » pour calculer la valeur ajoutée directe, élargie et induite.
​Les résultats ont montré que le port dépasse largement plusieurs secteurs clés de l'économie nationale. Avec une contribution estimée à 19 % du PIB, l'écosystème portuaire surpasse notamment le secteur des télécommunications, dont la contribution est évaluée à environ 10 % du PIB.
​Un pilier pour l'emploi et les finances publiques
​L'étude a souligné le rôle majeur du secteur en matière d'emploi. L'écosystème portuaire soutient près de 1,4 million d'emplois, soit environ 24 % des emplois du pays. Parmi eux, 42 800 emplois directs, essentiellement formels, sont recensés au sein des entreprises et services liés au port.
​Sur le plan des finances publiques, les retombées fiscales sont estimées à 1 105 milliards de FCFA par an, représentant près de 6 % du PIB national. Ces recettes proviennent des activités du Port autonome de Dakar ainsi que des différentes concessions opérant sur la plateforme portuaire.
​L'étude a également mis en lumière le poids du port dans le tissu entrepreneurial. L'écosystème portuaire regroupait environ 12 % des entreprises formelles du Sénégal, soit près de 48 000 entreprises, ainsi qu'une part importante des entreprises du secteur informel qui gravitent autour des activités portuaires.
​Perspectives et cap sur l'Agenda Sénégal 2050
​Les perspectives d'investissement sont également jugées prometteuses. Les 11 concessions portuaires prévoient d'investir 1 100 milliards de FCFA d'ici à 2035, un montant représentant près de 7 % du PIB, pour renforcer les infrastructures et la compétitivité du secteur.
​À l'issue de l'étude, plusieurs recommandations ont été formulées pour consolider ces acquis. Il s'agit en premier lieu de la réduction des coûts et des délais de passage portuaire, ainsi que de la rationalisation de la gouvernance de l'ensemble de l'écosystème. Les experts préconisent également la production de données statistiques fiables pour piloter le secteur et l'accélération des investissements publics structurants pour faire du futur port de Ndayane un hub logistique majeur. Enfin, l'accent est mis sur l'exploitation du potentiel industriel afin de valoriser les activités connexes telles que la pêche et la réparation navale, et sur la concrétisation de la stratégie nationale portuaire inscrite dans l'Agenda Sénégal 2050.
​Ces orientations clés permettront de consolider durablement la place du Port autonome de Dakar comme un levier majeur de l'industrialisation, de la création d'emplois, de la compétitivité économique et de la souveraineté du Sénégal.








