Lors de la présentation du Rapport annuel des statistiques du travail (RASTE) 2025, ce jeudi 9 juillet 2026 dans les locaux du ministère de la Fonction publique, une donnée a particulièrement retenu l’attention : sur les 78 231 contrats de travail enregistrés auprès des inspections du travail et de la sécurité sociale, seuls 21 % concernent des contrats à durée indéterminée (CDI). Les contrats à durée déterminée (CDD) et les contrats de stage occupent une place ultra-dominante dans les relations professionnelles. Une situation qui soulève une interrogation majeure : comment concilier la dynamique de création d’emplois avec la nécessité de garantir des emplois plus stables et mieux sécurisés pour les travailleurs ?
Cette question de la qualité de l’emploi devient ainsi un enjeu central du marché du travail sénégalais. Au-delà du nombre de postes créés, la nature des contrats proposés interroge la capacité du système à offrir des perspectives professionnelles durables, notamment aux jeunes qui entrent sur le marché de l’emploi.
Pour le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public, Mamadou Lamine Dianté, ces données permettent de mieux comprendre les réalités du monde du travail et d’adapter les réponses publiques.
> « La production statistique dans le domaine du travail permet d’avoir une meilleure connaissance du marché de l’emploi, de ses évolutions et de ses contraintes, afin d’apporter des réponses adaptées aux réalités du monde du travail », a-t-il déclaré.
Le poids écrasant des contrats temporaires
La prédominance des CDD et des contrats de stage traduit une réalité contrastée. Pour les entreprises, ces formes de contrats peuvent répondre à des besoins de flexibilité et d’adaptation de l’activité économique. Pour les travailleurs, elles constituent souvent une première étape d’insertion professionnelle et une opportunité d’acquérir une première expérience.
Mais leur forte présence pose aussi la question de la sécurisation des parcours. Le défi pour les autorités est désormais de favoriser une transition efficace vers des emplois plus durables, offrant davantage de visibilité aux travailleurs sur leur avenir professionnel.
Dans cette logique, le ministre a rappelé que :
« L’enjeu va bien au-delà du rayonnement de l’administration du travail. Il est d’une portée nationale, car il concerne la bonne gouvernance du marché du travail. »
Le RASTE 2025 met ainsi en lumière une problématique qui dépasse la seule question du recrutement de masse : celle de la qualité intrinsèque des emplois proposés. Alors que le marché du travail évolue et que les besoins des entreprises se transforment, l’enjeu consiste à trouver un juste équilibre entre la flexibilité économique nécessaire aux employeurs et la protection sociale des travailleurs.
À travers l’exploitation de ces données statistiques, les autorités disposent désormais d'un outil d'aide à la décision pour mieux orienter les politiques publiques et accompagner les mutations du monde professionnel. Car au-delà de la courbe de la création d’emplois, la question centrale reste celle de leur capacité à offrir une stabilité et des perspectives durables à la jeunesse sénégalaise.







