Le ton monte entre les organisations syndicales et les autorités. Réunis en assemblée générale ce vendredi à la Bourse du travail de la CNTS Ker Madia, à Dakar, les responsables du Front syndical pour la défense du travail (FSDT) ont décidé de lancer un mot d’ordre de grève générale de 24 heures sur l’ensemble du territoire national, le vendredi 10 juillet 2026, pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « recul social » et le non-respect des engagements pris par le Gouvernement.
Cette décision est intervenue à l’issue d’une rencontre ayant réuni les secrétaires généraux des centrales syndicales ainsi que des délégués de plusieurs secteurs professionnels. Les participants ont procédé à une évaluation de la situation sociale, économique et syndicale du pays, avant de dresser un constat jugé préoccupant des relations entre l’État et les travailleurs.
Selon le FSDT, les multiples démarches entreprises ces derniers mois pour privilégier le dialogue n’ont produit aucun résultat tangible. Les responsables syndicaux estiment que les autorités ont préféré « la confrontation au dialogue » et « le passage en force à la concertation », une attitude qui, selon eux, fragilise les droits des travailleurs et menace durablement la stabilité sociale.
Le FSDT dénonce notamment la faible mise en œuvre des engagements contenus dans le Pacte national de stabilité sociale et de croissance inclusive (PNSS-CID), qu’il considère désormais comme une simple déclaration d’intention en raison de l’absence d’application concrète.
Les organisations syndicales condamnent également ce qu’elles présentent comme une dégradation inédite du climat social, marquée par des décisions unilatérales remettant en cause les principes du dialogue social. Elles accusent en outre les pouvoirs publics de multiplier les atteintes aux libertés syndicales, les actes d’intimidation et les obstacles à l’exercice des activités syndicales.
Autre sujet de vive contestation : les projets de réforme du Code du travail et du Code de la sécurité sociale. Le front syndical affirme rejeter les dispositions qu’il juge régressives, estimant qu’elles ont été élaborées sans une concertation suffisante avec les partenaires sociaux et qu’elles risquent d’affaiblir des droits acquis après plusieurs décennies de lutte.
Les responsables syndicaux dénoncent également les licenciements de 911 travailleurs dans les secteurs public et parapublic, qualifiés d’abusifs. Ils considèrent que ces suppressions d’emplois plongent de nombreuses familles dans la précarité et traduisent une gestion des relations de travail qu’ils jugent incompatible avec les principes de justice sociale.
Dans sa résolution finale, l’assemblée générale rappelle que le dialogue social ne saurait se limiter à une formalité destinée à entériner des décisions déjà arrêtées. Elle insiste sur le respect de la parole donnée et appelle le Gouvernement à honorer les accords conclus avec les partenaires sociaux.
À défaut d’évolution, le FSDT estime que l’État assumera l’entière responsabilité d’une éventuelle aggravation de la crise sociale.
Une grève nationale annoncée pour le 10 juillet
Pour faire entendre ses revendications, le FSDT appelle à une grève générale de 24 heures, le vendredi 10 juillet 2026, de 0 heure à 23 heures, dans tous les secteurs d’activité sur l’ensemble du territoire national.
Les organisations syndicales invitent les travailleurs, les syndicats affiliés et l’ensemble des citoyens attachés à la justice sociale à participer massivement à cette mobilisation afin d’obtenir, entre autres la réintégration des 911 travailleurs licenciés ; la généralisation de l’indemnité de logement aux agents du secteur de la santé, aux travailleurs du secteur parapublic ainsi qu’aux personnels techniques et administratifs des universités ; le respect des libertés syndicales ; la sauvegarde des emplois et des droits fondamentaux au travail ; la consolidation des acquis sociaux le renforcement de la protection sociale et l’instauration d’un dialogue social sincère, respectueux et fondé sur la bonne foi.
Malgré ce mot d’ordre de grève, le Front syndical pour la défense du travail affirme rester ouvert à des discussions sérieuses avec les autorités. Il prévient toutefois qu’il poursuivra la mobilisation aussi longtemps que les revendications des travailleurs ne seront pas prises en compte, estimant que la défense des droits sociaux et de la dignité des travailleurs demeure une priorité.








