Cinquante députés européens ont à leur tour pressé la Fifa d'enquêter sur l'attribution par Gianni Infantino d'un "prix de la paix" à Donald Trump, appuyant une requête faite en décembre par l'organisation de défense des droits humains FairSquare.
"Cette lettre constitue l'intervention la plus significative de responsables politiques européens contre les abus de gouvernance et les violations des règles au sommet du football mondial depuis que le Parlement européen a appelé en 2015 le prédécesseur d'Infantino, Sepp Blatter, à démissionner", écrit FairSquare vendredi.
Dans un courrier daté de lundi, 50 élus venus de 13 pays européens, principalement sociaux-démocrates, libéraux et verts, "exhort(ent) la commission d'éthique de la Fifa à mener avec la plus grande rapidité et sincérité" l'enquête réclamée depuis bientôt sept mois par l'ONG britannique.
"Alors que les yeux du monde entier sont braqués sur la Fifa cet été", en plein Mondial-2026, cette requête "représente une occasion pour la Fifa de prouver son engagement en faveur de la neutralité politique, de la transparence et de la responsabilité", écrivent les signataires, emmenés par l'Irlandais Barry Andrews, la Néerlandaise Lara Wolters et le Danois Niels Fuglsang.
Soutenue début juin par la fédération norvégienne de football - la seule parmi les 211 nations membres de la Fifa -, FairSquare accuse le patron du foot mondial Gianni Infantino de violer son "devoir de neutralité", posé par l'article 15 du code d'éthique de l'instance, pour favoriser Donald Trump.
L'ONG demande en particulier à la commission d'éthique "d'examiner les circonstances" entourant l'attribution en novembre dernier au président américain d'un "prix Fifa de la paix" inédit, dont les critères et modalités n'ont jamais été clarifiés par l'instance du football.
Plus largement, FairSquare avait épinglé le plaidoyer en octobre de Gianni Infantino pour que Donald Trump obtienne le prix Nobel de la paix, ou ses commentaires favorables à sa politique intérieure. "En soutenant clairement l'agenda politique du président Trump au niveau national et international", son attitude menace "l'intégrité et la réputation du football et de la Fifa elle-même", déplorait l'organisation.
Sollicitée vendredi par l'AFP, la Fifa n'a pas commenté la lettre des parlementaires européens. Sur le fond, elle n'a jamais répondu à la requête de FairSquare ni aux critiques entourant le "prix de la paix".
AFP








