Lors d’un point de presse, le président de Rewmi, Idrissa Seck, a vivement critiqué la gestion du pays par les nouvelles autorités. Évoquant une dégradation de la situation économique, des tensions sociales et une crise institutionnelle, l’ancien Premier ministre appelle à un sursaut national et à une mobilisation pour « redonner la parole au peuple ».
Idrissa Seck sort de son silence. Deux ans et demi après l’élection présidentielle de 2024, le président du parti Rewmi a livré une appréciation particulièrement critique de la situation du Sénégal. Lors de son point de presse, il a justifié sa prise de parole tardive par sa volonté de respecter le choix des Sénégalais et de laisser aux nouvelles autorités un temps d’observation.
« Deux ans et demi correspondant à la moitié du mandat présidentiel me paraît suffisant pour faire la preuve de ce dont on est capable », a-t-il déclaré, estimant que le moment était venu de dresser un bilan et de proposer une nouvelle perspective pour l’avenir du pays.
« Le Sénégal est aujourd’hui méconnaissable »
Le constat dressé par l’ancien Premier ministre est sans concession. « Le Sénégal est aujourd’hui méconnaissable », a-t-il affirmé, pointant notamment la dégradation des notes économiques du pays par les agences de notation, selon son appréciation.
Idrissa Seck a également déploré ce qu’il considère comme une profonde fracture du tissu social. Il s’est inquiété de la montée des tensions dans le débat public, où les échanges d’idées et de propositions seraient, selon lui, de plus en plus remplacés par des menaces et des insultes.
Il a notamment dénoncé l’utilisation de termes tels que « Kouluna » et « moutons » pour désigner des citoyens en fonction de leur appartenance politique. Une situation qu’il juge préoccupante pour le respect mutuel et la cohésion nationale.
L’ancien Premier ministre a par ailleurs estimé que l’image diplomatique du Sénégal s’était ternie, allant jusqu’à avertir que le pays n’avait peut-être pas encore atteint le fond de ses difficultés.
Un appel à faire barrage au populisme
Face à cette situation, Idrissa Seck a salué la mobilisation de nombreux Sénégalais, aussi bien dans le pays que dans la diaspora. Il a notamment mis en avant leur inquiétude face aux difficultés des populations et leur volonté de contribuer au redressement national.
Il a également salué l’implication des jeunes, des femmes et de la diaspora, dont il estime que l’influence et la capacité de mobilisation peuvent contribuer à une nouvelle dynamique.
Dans cette perspective, le président de Rewmi a appelé à la construction d’un « véritable cordon sanitaire contre le populisme trompeur », qu’il considère comme une menace pour l’avenir du Sénégal.
Pour lui, l’heure est à la mobilisation collective afin de réparer les fragilités du pays, de restaurer la cohésion sociale et de renouer avec la prospérité économique et le rayonnement international.
La crise institutionnelle, une source d’inquiétude majeure
Au-delà des difficultés économiques et sociales, Idrissa Seck a insisté sur la dimension institutionnelle de la crise. Selon lui, celle-ci constitue une menace susceptible de conduire à un blocage du pays.
« Plus grave que la crise économique est la crise institutionnelle qui menace de bloquer le pays », a-t-il soutenu.
Dans ce contexte, il estime que le moment est venu de redonner la parole aux Sénégalais. « Le moment est venu de redonner la parole au peuple et de l’accompagner dans sa volonté clairement perceptible de mettre fin à l’aventure populiste », a-t-il déclaré.
L’ancien candidat à la présidentielle appelle ainsi l’ensemble des forces vives de la nation à prendre leurs responsabilités : classe politique, société civile, syndicats, secteur privé et citoyens.
Idrissa Seck annonce son engagement aux côtés du Front pour la défense de la République
Au terme de son intervention, le président de Rewmi a réaffirmé sa volonté de participer à cette dynamique de mobilisation nationale.
« Nous entendons y prendre toute notre part aux côtés de nos partenaires du Front pour la défense de la République », a-t-il conclu.
Cette prise de parole marque une nouvelle intervention publique d’Idrissa Seck dans le débat politique national, sur fond de critiques de la gestion du pays par les autorités en place et d’appel à une mobilisation autour des institutions, de la cohésion nationale et de l’avenir économique du Sénégal






